Incendie à La Réunion: en pleine polémique, Guéant annonce l'envoi d'avions bombardiers d'eau

0 21.11.2011 09:39

La polémique a enflé lundi sur les moyens engagés par l'Etat pour lutter contre l'incendie qui ravage le Parc national de La Réunion, poussant le gouvernement à décider l'envoi de deux avions bombardiers d'eau Dash du ministère de l'Intérieur.Dans un communiqué publié vers 19H30, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer, a précisé avoir pris cette décision "au vu des informations communiquées lundi soir sur l'amélioration de la situation et la prise de contrôle de l'incendie".Evoquant un engagement "massif" de l'Etat face à l'incendie qui a parcouru quelque 2.700 hectares depuis le 25 octobre, qualifié de "désastre écologique" par Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), il a souligné qu'il s'agissait avec ces deux avions "d'accélérer l'extinction des feux et de commencer à traiter les secteurs difficiles à l'intérieur du périmètre incendie"."La situation s'est améliorée", avait dit peu auparavant le préfet de l'île Michel Lalande sur la chaîne privée locale Antenne Réunion. "L'enveloppe (surface globale, NDLR) du feu n'a pas crû depuis 48 heures. J'espère pouvoir dire à terme assez rapproché que le feu est circonscrit, et beaucoup plus tard que le feu est éteint", a-t-il déclaré.Depuis ce week-end, socialistes, communistes et écologistes, auxquels se sont joints lundi quelques élus locaux de droite, ont fait enfler la polémique, dénonçant les moyens aériens notoirement "insuffisants" pour arroser les flammes, jugeant incompréhensible de ne pas solliciter le bombardier d'eau Dash-8 de la Sécurité civile.Le terrain étant "très accidenté" il faut "des largages plus précis" et "les hélicoptères sont mieux adaptés", a justifié Mme Kosciusko-Morizet auprès de l'AFP, alors que 11 maires et parlementaires réunionnais de tous bords ont adressé lundi une lettre à Nicolas Sarkozy exigeant des "moyens de lutte aériens adaptés"."Huit hélicoptères dont seulement quatre bombardiers d'eau opèrent sur la zone", ont protesté les signataires PS, PCR, MoDem, UMP. Depuis Paris, le Parti socialiste et le PCF se sont émus de cette situation.Interrogé sur le non déploiement du Dash-8, le préfet avait réaffirmé sur Antenne Réunion qu'il n'était "pas adapté" à ce feu, s'appuyant sur "le retour d'expérience de l'an dernier", lors d'un précédent incendie qui avait détruit en octobre 2010 quelque 800 hectares du site. L'appareil "a mis du temps à venir, il est tombé en panne et il n'a pu voler que le matin" en raison de la couverture nuageuse, avait souligné M. Lalande."Je suis un professionnel qui essaie de répondre à une crise, je ne rentre pas dans le calendrier électoral. Ce que nous avons à combattre est un feu d'humus, un feu souterrain", a-t-il dit, en expliquant que l'avion bombardier était inefficace pour ce genre d'incendie "qui se propage par les racines avec des résurgences à plusieurs centaines de mètres plus loin".Dans la journée le préfet avait souligné l'importance des moyens humains au sol, qui seront renforcés mardi matin par des nouveaux effectifs venus de métropole, le nombre total des pompiers déployés devant dépasser les 800. La ministre de l'Outre-mer, Marie Luce Penchard, viendra mercredi rendre hommage à leur travail et suivre l'évolution des opérations sur place.Dimanche, les responsables d'Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly et Cécile Duflot, avaient dénoncé "la réaction dramatiquement insuffisante de l'Etat et des autorités locales", des propos qualifiés lundi par l'UMP d'"indécents" et à visée "électorale". Sur les ondes locales ou les réseaux sociaux, les Réunionnais ont crié leur colère. "On se sent sous-Français, sous-équipés", a écrit l'un d'eux sur le site Google+.

 

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