« Il n’est pas question de fermer des services à l’hôpital »

0 21.11.2011 09:27

Jean-Yves Laffont, le nouveau directeur du centre hospitalier par intérim, livre les grands axes de travail pour les six prochains mois. Pas de catastrophisme mais il y aura des « décisions difficiles ».« Le Maine Libre » : Quelle analyse avez-vous de l’hôpital du Mans trois semaines après votre installation ?Jean-Yves Laffont : C’est un très bel hôpital. Je peux vous dire que les Manceaux ont la chance d’avoir un équipement de cette valeur qui est en fait un CHU par la taille. L’ensemble du corps médical et les personnels ont en outre intégré une culture, cette approche médico-économique, très importante aujourd’hui. Nous ne sommes pas là pour faire des bénéfices mais un hôpital doit évoluer dans un contexte économique.La situation des finances de l’hôpital a plutôt tendance à virer au rouge néanmoins.La question se pose à deux niveaux. Le premier est d’ordre budgétaire. Nous devons faire face à un déficit de 4 millions d’euros. Si on le compare au budget de l’hôpital qui s’élève à 270 millions d’euros, ce n’est pas insurmontable. On devrait y arriver. L’autre niveau est d’ordre financier. C’est un peu plus embêtant. Il nous contraint à faire une diette, pas une diette totale mais une diette. Nous allons devoir minorer nos investissements.La dette s’élève tout de même à 104 millions d’euros. L’hôpital est en état pour y faire face ?Le problème n’est pas d’honorer les emprunts. Il n’y a pas de souci à ce sujet. Il s’agit désormais de savoir comment on peut continuer à investir, notre capacité d’autofinancement. Nous évoluons dans un environnement de concurrence avec des cliniques, notamment au Mans, qui continuent à investir. Nous avons également un très bon plateau technique au centre hospitalier. Il ne s’agit pas de dramatiser non plus la situation. Nous devons établir le plus rapidement possible un plan de retour à l’équilibre, conformément à ce qu’a indiqué l’agence régionale de santé. Cela passe soit par une augmentation des recettes, soit par une diminution des dépenses.Quelles solutions avez-vous ? On entend parler de fermeture de services.En aucun cas, il y aura des fermetures de services. Il faudrait que la situation soit catastrophique, ce qu’elle n’est pas. Rappelons tout de même que la richesse d’un hôpital, c’est d’abord les hommes et les femmes qui y travaillent. Il faut que nous continuions à maintenir un haut service tout en maintenant des conditions de travail et d’accueil équivalents. Dans certains services de l’hôpital, s’il y a des sureffectifs, alors on doit mieux gérer, revoir les organisations. Mon premier objectif est de réaliser un diagnostic partagé. Je me donne jusqu’à la fin du mois de février pour l’établir, pour avoir une idée claire et savoir vers où on doit aller.Votre intérim s’achève en avril. Vous êtes là pour une mission très courte.Oui, car je ne serai plus là après. Mais, je ne suis là ni pour couper des têtes ni pour prendre des décisions de court terme. Cela ne correspond pas à ce que je suis venu faire. Je sais qu’il y aura certainement des décisions difficiles à prendre mais elles ne pourront intervenir qu’après un diagnostic partagé. Je comprends également que les personnels qui ont fait des efforts soient un peu désenchantés lorsqu’on leur demande encore plus. Il faut en même temps développer un vrai projet d’établissement qui redonne du sens aux missions de l’hôpital public.Serge DANILO

 

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