Grèce: les syndicats se mobilisent, grève générale ce mercredi

0 17.11.2011 21:35

Les syndicats grecs ont engagé l'épreuve de force mardi contre la cure d'austérité imposée par le gouvernement en appelant à la grève fonctionnaires et enseignants dont plusieurs milliers sont descendus dans la rue, avant la grève générale qui devrait paralyser le pays ce mercredi.La Bourse d'Athènes (Athex) a terminé de son côté la séance de mardi sur un plongeon de 6,68% par rapport à la clôture de la veille, à 1.729,68 points, face aux risques de contagion de la crise à d'autres pays de la zone euro et à la chute des principales places européennes.Plusieurs milliers de personnes ont défilé en milieu de journée dans le centre d'Athènes à l'appel des syndicats.Moins d'un millier de manifestants du Pame, le front syndical du Parti communiste, se sont rendus au Parlement, derrière une grande banderole: "On ne donnera pas un sou pour la crise".Des centaines de professeurs de l'enseignement privé se sont également rendus au Parlement pour y déposer une liste de revendications.Une troisième manifestation, organisée par le syndicat des fonctionnaires (Adedy, 375.000 adhérents), a réuni quelques milliers de personnes."Peuples de l'Europe, soulevez-vous", pouvait-on lire en grec et en anglais sur une banderole accrochée pendant quelques heures au rocher de l'Acropole par 200 militants communistes qui avaient réussi à pénétrer sur le site, criant des slogans et brandissant des drapeaux rouges.Les syndicats protesteront à nouveau merdredi lors d'une grève générale, la troisième depuis février, contre le plan de rigueur adopté dimanche par Athènes en contrepartie d'une aide financière de 110 milliards d'euros sur trois ans de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. Ces mesures, d'une sévérité inédite, prévoient notamment la suppression des 13ème et 14ème mois de salaire dans la fonction publique, et des 13ème et 14ème mois de pension pour tous les retraités.La grève des fonctionnaires paralysait mardi ministères et municipalités, et les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte. Une grève dans l'aviation civile perturbait les liaisons intérieures.Mercredi, tous les vols internationaux seront cloués au sol, les contrôleurs aériens devant participer à la grève générale.Les fédérations de commerçants ont appelé leurs membres à se joindre à la grève, mais les commerçants d'Athènes ont annoncé leur intention d'ouvrir leurs magasins.Face à ces mouvements, le vice-chancelier et ministre des Finances autrichien Josef Proell a affirmé que l'Europe perd patience avec la Grèce: "Quand on voit les mouvements de protestations en Grèce, notre patience, à moi et au reste de l'Europe, est quasiment à bout", a-t-il dit.Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu de son côté que la Grèce s'exposait au défaut de paiement si elle ne remplissait pas ses engagements, rappelant que le versement de l'aide serait conditionné à des contrôles stricts."S'il y avait des manquements" au programme d'austérité, "les versements seraient stoppés. Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes", a déclaré le ministre conservateur.Le ministère grec des Finances a annoncé mardi avoir déposé au parlement le deuxième projet de loi reprenant les mesures d'austérité adoptées dimanche par le pays, en vue d'un vote jeudi, en même temps que le volet fiscal du plan déposé dès lundi.Manos Chatzidakis, responsable de la société de courtage Pigasos, a assuré que la baisse de la Bourse d'Athènes mardi n'était pas liée à des craintes sur la mise en oeuvre de la cure d'austérité grecque ou à la grève générale prévue mercredi en Grèce.Il a attribué cette chute aux "rumeurs assez répandues sur les marchés sur un risque de contagion de la crise à l'Espagne".

 

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