Grèce: accord imminent sur le plan d'aide, cure d'austérité inédite en vue

0 21.11.2011 09:58

L'accord sur l'aide internationale à la Grèce est imminent, selon Bruxelles, alors le Premier ministre grec Georges Papandréou a invoqué vendredi la "survie" du pays pour justifier la cure d'austérité sans précédent qui l'attend, déjà dénoncée par les syndicats.Les négociations à Athènes entre l'exécutif européen, le FMI et la Banque centrale européenne (BCE) et le gouvernement grec pour arrêter ces mesures de rigueur étaient vendredi dans la dernière ligne droite.Les discussions portent désormais essentiellement sur des "détails", selon une source proche des négociations interrogée par l'AFP à Athènes."La fin est en vue", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne pour les questions économiques, Amadeu Altafaj."Nous sommes très proches d'un accord positif", a abondé le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou. Selon une autre source gouvernementale grecque, "l'accord sera annoncé d'ici dimanche par le gouvernement grec".L'accord devrait être discuté dimanche après-midi lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, convoquée à 14H00 GMT par leur chef de file Jean-Claude Juncker.Une fois validé par les ministres des Finances, le déclenchement de l'aide doit en principe être adopté à l'unanimité par les Etats de la zone euro, sans lequel le versement des prêts ne peut débuter. Selon des sources diplomatiques, ce feu vert pourrait intervenir lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, entre le 7 et le 10 mai.Plus gros contributeur prévu au plan d'aide (8,4 milliards la première année), l'Allemagne, réticente jusqu'à ces derniers jours, a indiqué qu'elle serait en mesure de décider du déblocage de l'aide à la Grèce vendredi prochain, une fois que le Parlement allemand aura donné son feu vert.La perspective d'un accord imminent, après des semaines de tractations, a permis aux marchés européens de poursuivre leur rebond entamé jeudi. Vendredi l'euro passait au dessus de 1,33 dollar, tandis que la Bourse d'Athènes (Athex), qui avait déjà rebondi la veille à l'annonce de l'accélération des discussions, a encore gagné 2,22%.La Grèce avait demandé il y a tout juste une semaine le déclenchement de ce plan qui doit l'aider à faire face à son immense endettement.La crainte croissante d'une propagation de la crise grecque à d'autres maillons faibles de la zone euro, comme le Portugal et l'Espagne, avait semé la panique sur les marchés en début de semaine, poussant les Européens à accélérer les négociations avec la Grèce.L'accord en vue prévoit des prêts de la zone euro et du FMI atteignant jusqu'à 45 milliards d'euros la première année, dont 30 milliards pour les pays de la zone euro.Des parlementaires allemands ont évoqué une aide allant jusqu'à 120 milliards d'euros sur trois ans, qui permettrait selon plusieurs économistes, d'écarter le spectre d'un défaut de paiement de la Grèce sur le moyen terme.Mais en échange de cette enveloppe, Athènes devra s'administrer une cure d'austérité budgétaire d'une ampleur sans précédent au sein de la zone euro et mener de profondes réformes structurelles.Le ministre allemand de l'Economie Rainer Bruederle a prévenu qu'il ne suffisait pas de "faire un chèque" et que la Grèce devait "résoudre ses problèmes".Le Premier ministre slovaque Robert Fico a lui émis de sérieux doutes sur la capacité de la Grèce à réduire sa dette publique, en prévoyant une prochaine réunion "tendue" entre Athènes et ses partenaires européens."Je pense que les Grecs ne seront pas capables d'une auto-réflexion", a-t-il estimé, en prévenant que si les Grecs "ne sont pas capables d'une autoréflexion, il n'y aura rien. Aucun prêt".Selon une source syndicale grecque, Athènes pourrait se voir imposer de ramener son déficit public d'environ 14% du PIB en 2009 à près de 4% fin 2011 et de réaliser jusqu'à 25 milliards d'euros d'économies sur deux ans."Les mesures économiques que nous devons prendre sont nécessaires (...) pour notre survie", a plaidé le Premier ministre Georges Papandréou.Mais elles sont déjà dénoncées par les syndicats qui redoutent qu'elles ne plongent le pays dans la récession. Ces derniers, qui préparent le défilé du 1er mai et, surtout, la grève générale du 5 mai, se disent prêts à batailler contre les coupes salariales exigées, dans un climat social déjà très tendu.

 

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