Frédéric Bourdin : un « Caméléon » criant de vérité

0 17.11.2011 16:35

Celle d’un garçon paumé qui usurpait des identités fictives jusqu’au jour où aux États-Unis, il s’est glissé dans la peau d’un adolescent réellement disparu quatre ans auparavant (Lire par ailleurs).« Avec le peu d’éléments dont il disposait, Salomé a fait un excellent travail ». À la fin de la séance Frédéric est bluffé, jusqu’à la ressemblance physique avec Marc-André Grondin parfait dans le rôle de Frédéric « Fortin ». « Le film charge un peu le personnage de la mère. Elle était junkie, mais pas à ce point. Quant à la sœur, j’ai l’impression de voir la vraie personne ».Une centaine d’identités usurpéesLe film s’arrête sur l’épisode américain, le plus marquant de la trajectoire de Frédéric Bourdin, le garçon à la bonne centaine d’identités usurpées avant ses 30 ans. « En Espagne contraint de prouver mon identité, je me suis fait passer pour un flic et j’ai appelé le service des disparus aux États-Unis en donnant un descriptif qui me ressemblait. Le nom de Nicholas Mark Randall est apparu. Ils m’ont envoyé sa fiche. Je n’avais plus qu’à me conformer à ce qui était écrit. Le film est fidèle à la réalité ». La sœur de Nicholas vient récupérer son « frère » en Espagne, reconnaît en ce garçon de 16 ans (24 ans en réalité) son petit frère enlevé 4 ans auparavant et le ramène au Texas (Louisiane dans le film). La suite est édifiante.Neuf mois de « supercherie »La « supercherie » dure neuf mois, le temps pour Frédéric de découvrir qu’il n’est pas le seul menteur de l’histoire. « Le film est criant de vérité, jusque dans certains propos que j’ai tenus. A la différence que l’agent du FBI était moins jolie que Famke Janssen ! ». Comment a-t-il pensé abuser une famille qui avait perdu son fils de 12 ans ? « Au moment de cette histoire en 1997, je changeais d’identité depuis sept ans. J’avais donc une certaine habitude. Mais si la famille n’était pas entrée dans mon jeu, le subterfuge n’aurait pas été possible ». Inutile d’en dévoiler davantage sans dénaturer le suspense de cet excellent film à la distribution impeccable.Aujourd’hui installé dans la Sarthe, Frédéric a vaincu ses démons. Et à la question posée par « Nicholas » à la fin : « Et moi qui va m’aider ? » il connaît désormais la réponse. « Isabelle, la femme de ma vie ». Enfin après un grand article dans le New-Yorker (photos de François-Marie Banier), Frédéric Bourdin commence « son » livre avec le journaliste Josh Levin pour un éditeur américain. Frédérique BRÉHAUT« Le Caméléon » de Jean-Paul Salomé. Aux Cinéastes au Mans.»

 

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