Frédéric Bourdin, dit le Caméléon : d’autres vies que la sienne

0 21.11.2011 09:58

Un an après « Pour un fils » réalisé par Alix de Saint-André avec Miou-Miou, la vie de Frédéric Bourdin revient au cinéma. Intitulé « Le Caméléon » le film de Jean-Paul Salomé adapté du livre du journaliste Christophe d’Antonio raconte la vie tourmentée d’un jeune homme qui s’empare d’autres identités.Pas facile de décoller son image publique quand on doit sa célébrité à un goût immodéré de l’usurpation. Depuis trois ans Frédéric Bourdin mène pourtant la vie ordinaire d’un père de famille qui se fond dans le quotidien d’une petite ville sarthoise. Celui qui nous assurait l’an dernier « ma réalité dépasse la fiction » attend ce nouveau film sur son histoire avec un certain détachement.« J’ai rencontré Jean-Paul Salomé à deux reprises puisqu’il m’avait demandé d’être son consultant pendant le tournage. Nos entretiens ont duré le temps d’un café partagé et lorsque j’ai compris qu’il ne tiendrait pas compte de mes avis, je me suis fâché ».À fleur de peau, Frédéric Bourdin est las d’être réduit à un flibustier de la carte d’identité capable de pousser son avantage jusqu’à se faufiler dans le foyer américain d’un garçon bien réel porté disparu des années auparavant. Au bout de cette aventure, six ans de pénitencier attendaient le Frenchie. Ce triste épilogue ne le guérit pas puisqu’en 2005, à Pau, il récidive. À 30 ans sonnés, on le retrouve sur les bancs d’une classe de 4ème où il prétend être un adolescent espagnol orphelin. Tant de coups d’éclats défraient alors la chronique. Frédéric, choyé par les talk-shows télévisés, intrigue. Assagi, le garçon écorché qui a tiré un trait sur sa vie tumultueuse n’en est pas pour autant quitte avec l’imaginaire d’autrui. La sortie aujourd’hui du film de Salomé en témoigne.Les clés d’une enfance« Je ne l’ai pas vu. Mais je regrette qu’une fois encore personne ne se soit donné la peine de comprendre pourquoi dès 12 ans, je me suis inventé autant d’identités». Frédéric livre quelques clés d’une enfance épouvantable. « Âgée de 17 ans à ma naissance, ma mère était incapable de s’occuper de moi. Nous vivions dans la région parisienne et seule ma grand-mère, bonne comme le pain me donnait de l’amour ». Jusqu’à sa première fugue à 12 ans, Frédéric subit les formes les plus odieuses de la maltraitance, « de la part de ma famille ». Placé dans des foyers, il fugue et s’invente d’autres noms afin d’éliminer ses traces. « Je me souviens de tout ce que ces monstres m’ont fait subir. Seul le besoin d’amour me poussait à me glisser dans d’autres foyers. J’étais en quête d’un SAMU affectif. Je n’ai jamais été un pervers. Je n’ai ni tué, ni violé ». Le Caméléon aimerait s’effacer « pour que l’on voie enfin un homme qui a été capable de se reconstruire, de s’accomplir avec sa famille ». S’il fallait une référence cinématographique on songe à « L’homme blessé ».Frédérique BREHAUT

 

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