Franck Sémonin passe du péplum au polar

0 21.11.2011 09:28

Il vient de quitter la rutilante armure du Messala de Ben Hur endossée à Sydney devant 90 000 spectateurs. Depuis qu’il a foulé l’arène du Stade de France en 2006 dans le péplum de Robert Hossein, Franck Sémonin renoue régulièrement avec le sombre héros antique au gré des représentations données à travers le monde. L’aventure l’amuse.« En juin, nous jouons à Dallas ; c’est l’ambiance colonie de vacances avec une équipe d’une centaine de personnes ». Entre deux affrontements virils avec Ben Hur, Franck endosse des costumes aussi divers que des personnages de pub, des héros de séries télévisées (« Julie Lescaut », « Diane femme flic »), de pièces ou de films quand il ne joue pas avec l’Acthalia sous les voûtes du Caveau 105.Toujours en mouvement, le ténébreux à la voix de velours tourne depuis six mois au Mans « RDV », sous la direction de Julien Banié. Inspiré par sa ville, le jeune réalisateur cisèle un polar nerveux et tragique, dans l’esprit des nouvelles séries estampillées Canal +. Ceux qui connaissent « Braquo » ou « Pigalle la nuit » ne seront pas dépaysés. L’efficacité d’une écriture nerveuse Dans ce long-métrage d’1 h 40, Franck Semonin joue Schneider, un flic torturé qui ne s’encombre guère des subtilités de la procédure pour pister les lignes blanches d’un trafic de cocaïne. Caméra à l’épaule, Julien Banié imprime à son film la cadence d’un combat de boxe.Les rares pauses arrivent comme de courtes respirations avant l’attaque suivante. Violent parfois, hyper réaliste souvent, « RDV » s’inscrit dans l’air du temps. Sous les lumières soignées, les situations heurtent comme des uppercuts. Et tout cela avec un budget plus mince que l’honnêteté d’un dealer.«Nous sommes partis avec zéro euro. Tout le film repose sur le bénévolat des quelques comédiens et des nombreux figurants et sur l’aide généreuse des commerçants manceaux. Partout, on nous a accueillis à bras ouverts ».Le montage est achevé et les deux compères peaufinent les dernières touches. La nuit, les flics, la came, les braquages, les filles, s’écrivent entre ruelles sombres du Vieux Mans, friches industrielles et arrières salles glauques. S’ils savent compter sur l’appui des Cinéastes et de la MJC Prévert lors des premières projections, Julien Banié et Franck Sémonin visent plus haut. « Nous allons envoyer des copies à Canal +, à Arte mais encore au cinéma MK2 dirigé par Marin Karmirtz ». Ce « RDV » ne demande qu’à s’exporter.Frédérique BRÉHAUT

 

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