Francis Veber : « Lino Ventura un personnage grand mais chiant »

0 21.11.2011 10:33

Le Grand blond… », « La Chèvre », « Les Compères », « Le Dîner de cons », autant de films cultes signés Francis Veber. La plume alerte du scénariste trousse une autobiographie décapante, à découvrir avec le cinéaste invité ce vendredi de la librairie Doucet.Le Maine Libre : Votre vie pourrait inspirer un film. Vous y avez déjà pensé ?Francis Veber : Il est certain qu’avec une famille aussi invraisemblable, et mon parcours qui l’est tout autant, ma vie est romanesque. À chaque fois les événements sont venus à moi. Un film, ce n’est jamais que quatre ou cinq scènes ; le reste n’est que remplissage. Si je devais adapter mon histoire, je suis hors limite ! Et puis il faudrait trop de personnages !Le ton lénifiant, ce n’est pas votre genre. Dietrich, Ventura, Audiard, Pierre Richard, Depardieu, votre plume n’épargne personne… Les biographies destinées à se faire des amis, ce n’est pas pour moi. Je préfère raconter les gens tels qu’on les a vus, avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Ceci n’empêche pas la tendresse que j’éprouve pour eux. Quand je dis que Pierre Richard est radin, c’est vrai. Il n’est pas le seul parmi les artistes. Il ne faut jamais oublier que ces gens ont mangé de la vache enragée. Ça marque une vie. Lors une soirée émouvante, Marlène m’a appris l’horreur de la vieillesse. On est beaucoup revenus aussi sur ce que j’écris au sujet de Lino. Je maintiens. C’était un grand, mais très chiant aussi.Lorsqu’il vous refusait un rôle, Ventura opposait cette formule magnifique : « Ce n’est pas dans ma morphologie »…Je suis persuadé d’une chose. Grattez un acteur, vous trouverez une femme. Un métier qui vous demande de changer de visage, de vous dissimuler, est plus féminin que masculin.Pourtant, vos films s’intéressent davantage aux amitiés masculines…C’est le problème du clown au féminin. C’est un exercice difficile. Marylin Monroe et Katarine Hepburn pouvaient y parvenir sans perdre leur charme. Moi, mes histoires fonctionnent sur le couple du dur et du gugusse. Si on met une femme dans le couple, ça vire à la comédie romantique, et ça, c’est pas mon truc. Je préfère les histoires d’amitié.Tant de succès, ça vous rassure ?On n’est jamais rassuré, jamais tranquillisé car on ne sait jamais si on sera bon. En ce moment je commence une pièce de théâtre… Si je n’écris pas, je n’existe pas. Je n’ai aucun hobby. Ma femme s’est mise au golf, mais moi, ça m’emmerde. J’aime ma table dans notre maison de vacances. Une table tournée vers le mur pour ne pas céder à la distraction.Propos recueillis par Frédérique BRÉHAUT« Que ça reste entre nous » (Robert Laffont). Rencontre dédicace vendredi 29 octobre à 17 heures, sur LMTV dans « Tous azimuts »

 

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