Français tués au Niger: Aqmi renforce les doutes sur les circonstances de leur mort

0 18.11.2011 09:43

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a renforcé les doutes sur les circonstances exactes de la mort des otages Vincent Delory et Antoine De Léocour, affirmant que l'un d'eux avait été tué par des frappes aériennes des forces françaises lors de la tentative pour les libérer.Dans un communiqué mis en ligne vendredi, Aqmi explique que ses combattants "ont emmené l'un des otages loin du véhicule visé mais n'ont pu prendre l'autre qui a été tué par les Français plus tard dans le bombardement et non par des balles des moujahidine"."Avec les frappes aériennes constantes des troupes françaises, les moujahidine ont pensé qu'ils n'allaient pas s'en tirer, alors ils ont exécuté le second otage", indique Aqmi.Dans un premier communiqué revendiquant l'enlèvement jeudi, Aqmi n'avait pas précisé les circonstances de leur mort lors de cet assaut au cours duquel, selon la justice française, trois gendarmes nigériens et quatre ravisseurs ont également été tués."Il y a une procédure judiciaire en cours, on n'a pas à la commenter", a-t-on indiqué samedi au ministère de la Défense, renvoyant aux propos tenus jeudi par le procureur de Paris Jean-Claude Marin.Le 10 janvier, le Premier ministre François Fillon avait déclaré que les deux hommes avaient été "éliminés froidement". Le lendemain, son ministre de la Défense, Alain Juppé, avait dit avoir "toutes les raisons de penser que les otages ont été exécutés par les ravisseurs".Les premiers résultats de l'autopsie révélés jeudi par Jean-Claude Marin, ont permis d'accréditer la thèse de l'exécution pour Antoine De Léocour, tué d'une balle "à bout touchant", mais pas pour son ami."Les causes de la mort sont plus difficiles à établir pour Vincent Delory", dont le bas du corps présentait des "brûlures extrêmement importantes" et plusieurs impacts de balles, selon le magistrat.Dépêchés au Niger, le chef du parquet antiterroriste et huit policiers français ont pu assister à une reconstitution de l'enlèvement survenu le 7 janvier à Niamey. Celle du raid n'avait toujours pas eu lieu samedi, a-t-on appris de source judiciaire française.Les corps de Vincent Delory et Antoine De Léocour sont arrivés vendredi soir à Linselles (Nord), leur ville d'origine, où ils ont été déposés dans une chapelle ardente avant leurs obsèques lundi, auxquelles doit participer le président Nicolas Sarkozy.En fin de semaine, l'unité politique qui avait accueilli l'annonce de l'opération des forces spéciales françaises et de la mort des deux jeunes hommes, s'est fissurée.L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a rappelé que les trois opérations militaires menées depuis deux ans pour élargir des Français "ont échoué", avec le décès en avril 2009 du skipper Florent Lemaçon, tué par une balle du commando français qui tentait de le libérer des pirates somaliens, et celui de Michel Germaneau, enlevé par Aqmi le 19 avril 2010 et exécuté par ses ravisseurs.Pour le président du Modem François Bayrou, "la priorité dans toutes les décisions d'action" doit être "la préservation de la vie des otages", tandis que la première secrétaire du PS Martine Aubry a demandé au gouvernement de faire "toute la lumière".Dans une lettre ouverte, des camarades de promotion d'Antoine De Léocour ont accusé la France de sacrifier "ses ressortissants sur l'autel d'orientations stratégiques occultes".Alain Juppé et sa collègue des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, seront entendus mardi par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale sur la sécurité des Français à l'étranger.

 

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