Fin du calvaire d'un octogénaire séquestré pendant un an par sa famille

0 21.11.2011 10:03

Un homme de 80 ans se rétablit doucement après avoir vécu un calvaire: avoir été séquestré pendant un an dans la buanderie de sa maison d'Arrou et maltraité par une partie de sa famille, dont son épouse qui a été écrouée samedi.Aujourd'hui conscient et lucide, selon une source judiciaire, l'octogénaire a été admis mercredi en état de choc à l'hôpital de Châteaudun (Eure-et-Loir) et ne souhaite pas s'exprimer.Pendant un an, il a vécu enfermé dans une minuscule buanderie, séquestré par une partie de sa famille qui le violentait et le sous-alimentait. Malvoyant depuis plusieurs années, l'homme a désormais perdu la vue."La victime faisait l’objet de violences et de mauvais traitements. L'homme n’était nourri que deux fois par jour avec des produits périmés et à base de viennoiseries", a déclaré samedi le commandant de la compagnie de gendarmerie d'Eure-et-Loir, Bruno Arviset.Mise en examen notamment pour séquestration et violences aggravées, l'épouse de la victime, une femme de 45 ans, a été écrouée samedi à la maison d'arrêt de Versailles.Son amant présumé et un de ses fils, poursuivis pour complicité de séquestration et non-dénonciation de mauvais traitements, ont été libérés sous contrôle judiciaire."Lorsque les gendarmes sont intervenus mercredi à Arrou, l'épouse de la victime a d'abord prétexté que son mari était parti à l'étranger", a précisé la substitut du procureur de Chartres, Fanny Floquet."Devant l'insistance des enquêteurs, l'épouse les a finalement conduits vers une petite pièce située au sein même de la maison mais à l'écart des autres pièces de vie, et a ouvert la porte fermée à clef devant les gendarmes", a poursuivi Mme Floquet.Selon le parquet, les enquêteurs avaient été alertés par le témoignage d'un des enfants de l'épouse qui est sous la garde d'un service de l'enfance. Dans ses déclarations, cet enfant "évoquait la présence à domicile d'une personne âgée qui était sale, qui volait de la nourriture, et qui faisait l'objet de violences, parce que elle pouvait énerver notamment sa mère", a indiqué Mme Floquet.Selon les gendarmes, l'octogénaire avait été vu une dernière fois libre en juillet 2009 à la pharmacie d'Arrou.Devant les enquêteurs, les suspects n'ont pas donné d'explication à leurs actes mais le motif pourrait être financier: près de 500.000 euros appartenant à la victime auraient été détournés depuis plusieurs mois.A Arrou, la nouvelle a fait le tour de la petite commune sans toutefois surprendre les habitants rencontrés samedi par l'AFP."La femme était très bizarre", explique une habitante. "Il y avait des gens qui savaient qu'elle avait entretenu une relation étrange avec un vieux monsieur tandis qu'elle vivait avec un plus jeune."L'octogénaire s'était marié avec cette femme il y a trois ans à Droué (Loir-et-Cher), à une dizaine de kilomètres de là, alors que le couple habitait ce village."Le maire de la commune n'avait pas voulu les unir car il avait des doutes sur la véracité de leur union", a-t-on appris de source municipale. "C'est un adjoint qui les a mariés.""A cette époque, la victime vivait déjà recluse dans une pièce du sous-sol de leur maison à Droué", a-t-on précisé de même source."L'homme ne sortait jamais de sa maison. On l'a vu une seule fois dehors lorsqu'il est allé se marier (à la) mairie, il y a 3 ou 4 ans", a confirmé un habitant de Droué.

 

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