Fillon promet de "renforcer le combat" contre le groupe Aqmi qui a tué Germaneau

0 18.11.2011 09:21

François Fillon a promis mardi que la France allait accentuer sa lutte contre le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), responsable de la mort de Michel Germaneau, dont il a affirmé qu'elle était peut-être déjà survenue il y a quinze jours.Affirmant que la France était "en guerre contre Al-Qaïda", le Premier ministre a déclaré sur Europe 1 que "le combat" allait "se renforcer" contre le groupe jihadiste opérant au Sahel, immense zone semi-désertique aux confins du Niger, du Mali, de la Mauritanie et de l'Algérie.Aqmi a annoncé dimanche avoir exécuté le militant humanitaire de 78 ans qu'elle détenait dans le désert malien depuis avril, en représailles à une opération militaire jeudi contre l'un de ses camps pour essayer de le localiser et de le libérer.Paris ne dispose pas de présence militaire constituée au Sahel, en dehors de conseillers et d'instructeurs, mais de missions militaires de coopérations.En théorie, la France pourrait mener deux sortes d'opérations, avec les armées locales, a expliqué à l'AFP une source militaire: "l'opération ciblée en souplesse" du type de celles menées par les forces spéciales, ou "l'opération en force terrestre locale (...) appuyée par des moyens aériens français".Mais les experts estiment que la lutte contre Aqmi passe par une plus grande coopération des pays du Sahel entre eux et avec la France."La France ne pratique pas la vengeance, en revanche nous avons des accords avec les gouvernements de la région et en particulier avec le gouvernement mauritanien, avec le gouvernement malien, pour traquer ces terroristes et les livrer à la justice", a souligné François Fillon.Comme le chef de l'Etat la veille, le Premier ministre a également justifié le raid auquel la France a participé aux côtés de l'armée mauritanienne contre une base d'Aqmi. "Si nous avons décidé de participer en appui à ces opération, c'est parce que nous avions l'espoir que Michel Germaneau pouvait se trouver dans ce camp", a-t-il répété.Il a toutefois émis l'hypothèse que l'otage, âgé de 78 ans et cardiaque, puisse être en réalité mort depuis plusieurs jours."Je pense que la vie de l'otage était condamnée depuis le jour où nous avons reçu cet ultimatum du 12 juillet. C'est en raison du caractère anormal, étrange de cet ultimatum, et de ce refus d'engager la discussion avec les autorités françaises, que nous pouvons penser que Michel Germaneau était déjà mort à ce moment-là. Mais ce n'est qu'une supposition", a-t-il dit.Aucune preuve de vie de l'otage, ingénieur retraité, n'était parvenue depuis la mi-mai. Paris avait indiqué lundi n'avoir "jamais eu de revendications précises" ni "la moindre discussion" avec l'organisation djihadiste, pas même pour "permettre l'acheminement de médicaments".Après un entretien avec le Premier ministre, le président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale Axel Poniatowski a confirmé que la France apporterait un "soutien logistique" à des actions contre Aqmi.Concernant la menace terroriste en France, François Fillon a rappelé que le niveau d'alerte était "très élevé", au niveau maximum du plan Vigipirate."On déjoue effectivement plusieurs attentats chaque année en France et dans les pays voisins et nous n'allons pas relâcher notre effort", a-t-il insisté.Le Parti socialiste a lui exclu toute polémique dans cette affaire. "Le PS et l'opposition se retrouvent dans les déclarations du président de la République et du Premier ministre", a déclaré le vice-président PS de la commission des Affaires étrangères, Michel Destot.

 

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