Fillon dit non à Copé sur la TVA, dans un contexte de tensions exacerbées

0 21.11.2011 13:34

François Fillon a fermé la porte mardi à l'idée d'une hausse de la TVA tout juste lancée par Jean-François Copé, illustration de la tension croissante entre les deux poids lourds de la majorité.Fidèle à sa volonté de susciter le débat d'ici la présidentielle de 2012, M. Copé, patron de l'UMP, a réaffirmé dans Le Parisien être favorable à une "baisse des cotisations sociales" pour réduire le coût du travail par rapport à l'Allemagne, en les transférant sur la TVA, qui serait donc augmentée.Dès la fin de matinée, lors de la réunion hebdomadaire à huis clos du groupe UMP à l'Assemblée, le Premier ministre a tenu à "apporter sa contribution au débat"... en y mettant implicitement un terme."On n'a pas de marge sur la TVA" par rapport à l'Allemagne, a-t-il rétorqué. "On parle de convergence avec l'Allemagne mais, Berlin ayant relevé sa TVA, les taux français et allemand sont à peu près équivalents. Si on augmente notre TVA, on se redécale par rapport à l'Allemagne".Plutôt que de réfléchir à une augmentation des recettes fiscales, mieux vaut se concentrer sur "diminuer les dépenses", a-t-il poursuivi. Fermez le ban!"Le sujet dépense évoqué par le Premier ministre est en effet essentiel. Mais, au-delà, celui de la meilleure assiette (pour les cotisations) est un débat important", a plaidé le patron des députés UMP, Christian Jacob, proche de M. Copé."Ce n'est pas un débat à balayer d'un revers de main", ajoute ce dernier.Cette nouvelle passe d'armes témoigne d'un conflit de plus en plus ouvert. Entre les deux favoris de la droite pour l'après-Sarkozy, la différence était déjà dans le style. Si François Fillon reste muet sur ses ambitions, Jean-François Copé n'a jamais caché les siennes pour 2017.M. Copé n'a pas digéré, malgré les démentis de Matignon, le surnom de "Rantanplan" dont François Fillon aurait affublé Christian Jacob. En privé, il se lâche. Mardi, il n'a pas cherché à réfuter les propos peu amènes qui lui sont prêtés dans la presse sur l'absence de conviction de son rival.Rue de Varenne, on joue la carte de l'indifférence. "Ca ne changera pas la ligne de conduite du Premier ministre. On ne sortira pas de l'idée qu'il faut se concentrer sur l'action gouvernementale".Quant à l'Elysée, on y observe officiellement avec détachement cette partie de ping-pong qui permet à Nicolas Sarkozy de se placer au-dessus de la mêlée.Mais les risques de division sont patents.Mardi, au petit déjeuner de la majorité, Xavier Bertrand a dit "ne pas bien comprendre" les raisons pour lesquelles son successeur relançait ce débat "un mois et demi avant les cantonales". En 2007, le thème de la "TVA sociale" dans l'entre-deux tours des législatives aurait coûté une cinquantaine de sièges à l'UMP.Proche du ministre du Travail, le député Damien Meslot, candidat aux cantonales, a interpellé M. Copé en réunion de groupe. "Ces débats qui fleurissent un peu partout à l'UMP m'inquiètent. Sur le terrain, ça nous dessert".En réponse, les pro-Copé ont donné de la voix. "Je m'étonne que deux ou trois individus nous fassent ces reproches. C'est quand même bien que le débat d'idées se tienne à l'UMP, non?", a lancé le député Bernard Deflesselles."Ces attaques contre Copé, ça va bien deux secondes. Le bureau politique a acté qu'on mettrait tous les sujets sur la table. Un parti qui ne propose rien, ça devient... le PS", renchérit sa collègue Valérie Rosso-Debord.M. Copé lui minimise, mais prévient. "Des débats, il y en aura matin, midi et soir à l'UMP".

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