Exposition Murakami à Versailles: les opposants fourbissent leurs armes

0 21.11.2011 10:03

Pétitions, projet de manifestation, menace d'action judiciaire: deux ans après la polémique autour de Jeff Koons à Versailles, le scénario semble vouloir se répéter à l'approche de l'ouverture mi-septembre de l'exposition du plasticien pop japonais Takashi Murakami.L'idée que cet artiste-star de l'art contemporain, inspiré par les mangas, puisse installer ses oeuvres dans les appartements royaux du Château apparaît sacrilège à certains.Les protestations "émanent de cercles d'extrême-droite intégristes et de cercles très conservateurs", considère Jean-Jacques Aillagon, président de l'établissement public du Château de Versailles, interrogé par l'AFP. Ils voudraient faire de Versailles "un reliquaire de la nostalgie de la France de l'Ancien Régime, d'une France repliée sur elle-même et hostile à la modernité", ajoute-t-il."Murakami et Cie n'ont rien à faire au château de Versailles !", proclame une pétition sur internet intitulée "Versailles mon amour". "Non à la provocation de l'+art+ contemporain qui ne respecte rien", poursuit le texte qui a recueilli 3.900 signatures depuis fin juin.La pétition a été lancée par Anne Brassié, une Versaillaise qui anime une émission littéraire sur Radio Courtoisie et a écrit notamment un livre sur Robert Brasillach.Elle est épaulée par un étudiant en gestion de l'université Paris II Assas, féru de nouvelles technologies, qui opère sous le pseudonyme d'Eric Martin.Le jeune homme, qui se dit "de centre-droit et catholique", ne divulgue pas sur internet le nom des signataires car "ne pas aimer l'art contemporain pourrait être mal vu par de futurs employeurs", affirme-t-il. Mais, à la demande de l'AFP, il accepte de montrer sur son ordinateur la liste des pétitionnaires et leurs commentaires qui seront remis, dit-il, au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et à M. Aillagon.Une manifestation "ludique" est prévue devant le château le 14 septembre, jour de l'ouverture au public de l'exposition, indique "Eric Martin".Mme Brassié pointe certaines oeuvres de Murakami. "Le petit bonhomme au sexe pointé dont le jet de sperme forme un lasso, la petite bonne femme aux gros seins dont le jet de lait forme une corde à sauter n'ont rien à faire dans les appartements royaux", affirme-t-elle.En réalité, il n'a jamais été envisagé de présenter ces deux réalisations impertinentes, "My lonesome cow boy" et "Hiropon", à Versailles. Les oeuvres de l'exposition Murakami "ont été choisies avec soin afin qu'elles puissent être vues par tout le monde, comme c'était déjà le cas pour Jeff Koons", indique M. Aillagon.Une autre pétition "Non aux mangas. Contre les expositions dégradantes au Château de Versailles", émanant de la "Coordination de défense de Versailles" a recueilli pour sa part 3.700 signatures depuis la mi-juin.Animée par Arnaud Upinsky, président d'une association intitulée "Union nationale des écrivains de France", qui avait déjà mené le combat contre l'exposition Koons, cette pétition a reçu notamment le soutien du prince Sixte-Henri de Bourbon Parme, un des descendants de Louis XIV.Son neveu Charles-Emmanuel de Bourbon Parme avait saisi la justice en 2008 pour tenter de faire interdire l'exposition Koons mais il avait été débouté par le tribunal administratif de Versailles puis, en appel, par le Conseil d'Etat.Cette fois encore, une action judiciaire est envisagée, indique M. Upinsky qui considère que l'exposition est "illégale"."Je ne vois pas sur quel argument un tribunal pourrait statuer en leur faveur", réagit M. Aillagon.

 

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