Espionnage: l'affaire Renault irrite Pékin, le constructeur va porter plainte

0 21.11.2011 13:34

L'affaire d'espionnage chez Renault a pris un tour diplomatique mardi, la Chine dénonçant des accusations "inacceptables", tandis que le plus important des cadres menacés d'éviction par le groupe automobile français s'est dit "victime" d'une histoire "qui le dépasse".Renault va déposer plainte en justice mercredi dans cette affaire d'espionnage, a annoncé mardi après-midi un porte-parole du groupe dans une déclaration écrite transmise à l'AFP."Renault déposera plainte demain, mercredi 12 janvier", a affirmé le constructeur automobile, sans le moindre détail sur le libellé de cette plainte. "A partir de cette date, les éléments de cette affaire seront donc confiés à la justice", a-t-il ajouté."Renault porte contre moi des accusations très graves que je réfute totalement", a déclaré Michel Balthazard, membre du comité de direction de Renault depuis 2008."Je me considère aujourd'hui comme une victime d'une affaire qui me dépasse", a-t-il ajouté, au sortir d'un entretien préalable à son éventuel licenciement, au siège de Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).Montrée du doigt depuis la révélation de l'affaire la semaine passée, la Chine est sortie pour la première fois de sa réserve mardi pour dénoncer des accusations "totalement sans fondement, irresponsables et inacceptables", selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei."Il n'y a pas d'accusation officielle de la France et du gouvernement français à l'égard d'aucun pays aujourd'hui", a immédiatement réagi le porte-parole du gouvernement français, François Baroin."Renault, comme d'autres, est victime d'une guerre d'intelligence économique", a-t-il en revanche réaffirmé en ironisant: "La planète, le monde et l'économie en particulier, c'est pas celui des bisounours".La piste d'une fuite vers la Chine de secrets sur la voiture électrique, projet phare dans lequel Renault et son allié japonais Nissan ont investi 4 milliards d'euros, est privilégiée par le contre-espionnage français et le groupe, selon la presse et les spécialistes de l'intelligence économique. Mais ni Renault, ni l'Etat français, son actionnaire à 15%, ne l'ont confirmée jusqu'ici.Le numéro deux du groupe automobile, Patrick Pélata, s'est contenté d'affirmer que Renault était "victime d'une filière organisée internationale", sans préciser les commanditaires de l'affaire.Selon Le Figaro, une société chinoise, présentée comme un géant de la distribution électrique, aurait alimenté des comptes de deux des trois cadres mis à pied par Renault.L'enquête menée depuis fin août 2010 au sein du groupe a permis de découvrir 130.000 euros sur un compte au Liechtenstein et 500.000 sur un autre en Suisse, affirme mardi le quotidien. Les versements occultes auraient transité par des intermédiaires à Shanghai et Malte.Selon le journal, une note de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) du 7 janvier confirme la plausibilité de la piste chinoise. Pour autant, il ne s'agit que d'un faisceau de soupçons convergents que le contre-espionnage devra s'attacher à étayer une fois saisi par la justice.Outre M. Balthazard, les deux autres cadres mis à pied le 3 janvier devaient se présenter mardi après-midi devant leur direction pour des entretiens préalables à un éventuel licenciement.L'un d'eux, Matthieu Tenenbaum, directeur adjoint programme véhicule depuis 2007, a dénoncé ces derniers jours par la voix de son avocat, Me Thibault de Montbrial, un "lynchage", se disant "abasourdi par les accusations d'espionnage" qui le visent.

Abonnement

Retrouvez toutes nos offres
à partir de 1€ par mois

Je m'abonne

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.