« En Tunisie, maintenant, on peut parler de politique sans avoir peur »

0 21.11.2011 09:40

Sept mois après la révolution de jasmin en Tunisie, beaucoup de Tunisiens sarthois sont retournés pour les vacances d’été dans leur pays natal. Quelques-uns d’entre eux, comme Faycal, Mounira, Slim, et Saber nous confient leurs espoirs et leurs craintes sur la situation actuelle et l’avenir du pays. « Je suis allé à Mahrès deux semaines en vacances cette année, et tout va bien, les gens vivent normalement », raconte Faycal, 47 ans.Même son de cloche chez Mounira, originaire de Tunis. « Au début, on hésitait à aller en Tunisie, avec ce qu’on voyait dans les médias. Mais on s’est dit qu’on devait vivre ce que les Tunisiens vivaient. Et au final, tout s’est très bien passé, on ne sentait pas du tout en insécurité, on pouvait sortir, de jour comme de nuit », explique l’assistante maternelle de 40 ans.« Il y a moins de harcèlement policier »Tous les Tunisiens du Mans qui sont rentrés au pays sont unanimes : tout est normal, rien n’a changé. « On se sent même plus libre qu’avant », appuie le chef d’entreprise Faycal. Plus libres, car moins de harcèlement policier. « On passe tranquillement à la douane, nous ne sommes plus fouillés de la tête aux pieds et embêtés tout le temps », explique Slim, 40 ans, qui travaille à Sablé.Vu que les policiers ont déserté les rues au lendemain de la révolution, les habitants se sont organisés eux-mêmes pour surveiller leurs quartiers. « C’est extraordinaire ce qui s’est passé, directement la nuit du 14 au 15 janvier. Les jeunes ont mis en place des comités de surveillance dans les quartiers, pour protéger les habitants des minorités qui profitaient du chaos de la révolution. Il fallait connaître quelqu’un pour pouvoir passer. Les femmes préparaient à manger pour que les surveillants tiennent le coup la nuit », félicite Saber, tunisien de 30 ans, peintre en bâtiment.Car même si l’insécurité ne règne pas sur la Tunisie, une minorité a profité de la situation. « Ce sont des gens qui n’ont rien compris à la révolution ou pour qui la révolution n’a rien d’intéressant. Avant, la mafia était dans l’État et pour changer tout ça, il faut du temps », explique Faycal.« On ne parle plus seulement de foot »La peur omniprésente sous la dictature de Ben Ali s’évacue peu à peu. « Pour une fois, on n’a pas parlé que de foot, mais chaque café avait son débat politique. On est passé d’un parti unique à 103 partis politique donc ça favorise la discussion. Je me suis beaucoup plus tourné vers les autres », confie Faycal.Et pour l’avenir, tous restent confiants et plein d’espoir. « Nous n’avons pas peur de l’intégrisme, je fais confiance au peuple tunisien. Ils n’ont pas fait tout ça pour rien, pour retrouver une dictature. Environ 55 % des gens se sont inscrits pour les élections d’octobre, c’est déjà un succès », confie t-il.« Je fais confiance au peuple tunisien »Une révolution sur la durée qui part de ses ressortissants, mais aussi qui attend un geste de l’extérieur. « Je compte beaucoup sur les gouvernements européens pour faire bouger les choses », avoue le jeune Saber. Mounira, elle, mise ses espoirs sur le nouveau président. « J’espère que ce sera quelqu’un qui s’intéressera aux problèmes du peuple. Je fais confiance au peuple tunisien qui a fait ce pas vers la démocratie. Tant qu’il y aura de la lutte, on récoltera beaucoup de choses positives. »

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.