[Galerie photos] Peintures et graffitis : « Nous ne voulons pas d'une ville fade »

0 15.08.2012 18:24

À l’instar de Mario (1), 30 ans, nombreux sont ceux qui se sont découvert cette passion : recouvrir certains murs et/ou bâtiments désaffectés de graffitis et de peintures. Arrivé de Paris depuis une dizaine d’années au Mans, ce courant a vu le jour à New York, aux États-Unis.

Leur cour de récréation, ce sont des bâtiments, des immeubles et des friches industrielles abandonnés. « On a demandé au propriétaire des murs du Gazelec, au Mans, avenue Olivier Heuzé : il nous a donné son autorisation. Du coup, c’est toléré même si c’est plus ou moins illégal », précise Mario.

Le skatepark de l’Oasis, route d’Angers, est également un endroit où de nombreux graffitis animent les lieux. D’anciens locaux de la CGT de Renault ont aussi été retrouvés dans un état délabré : une fois squattés, des graffitis ont commencé à pousser, signe de bon augure pour ces dessinateurs.

« Nous ne sommes pas comme ces puristes en mode hip hop, suivant des règles précises. Pour eux, New York est La Mecque du graffiti, explique le « peintre » qui appelle ses travaux des peintures. Nous faisons pratiquement tout à la peinture, à main levée ou aux rouleaux. Les bombes aérosols sont coûteuses alors on les utilise avec parcimonie. On se sert aussi de pulvérisateur, préalablement vidé et rempli de peinture, pour les contours de nos personnages ou de nos lettrages » souligne-t-il. Cet art urbain est une sorte de tribune libre des jeunes « artistes contemporains ».

Mario, lui, a commencé par prendre des photos de « graff » qu’il voyait durant ses déplacements, notamment à Paris. Après des essais personnels et des rencontres, il est tombé dedans : « un gymnase près de gazelec avait été brûlé et laissé à son propre sort : on a commencé à dessiner à l’intérieur et cela est devenu notre loisir » confie-t-il.

« Cela commence toujours de la même manière, reprend-il. Toujours un tag, puis un graffiti, ensuite plusieurs graff suivent, puis une grande pièce, ensuite une fresque etc. » Pour ce trentenaire, qui a débuté à l’âge de 18 ans, et ses amis, un énorme travail de recherches est effectué afin de repérer des endroits abandonnés et tolérés par les propriétaires des murs.

« Pour nous, on appelle ça de l’art ingrat, plutôt que du street art. La mairie aimerait que tout soit lisse, propre et formaté comme sur la place de la République mais nous ne voulons pas d’une ville fade, voire morte. Le Mans est devenue une ville touristique, alors tout doit être clean », estime Mario.

S’il a fallu un certain temps avant que les riverains s’y habituent, aujourd’hui les rapports avec ces adeptes du graffiti sont plutôt positifs. « Au début, la ville était choquée et retournée : maintenant cela nous arrive d’être encouragés ou photographiés par les passants ou conducteurs qui nous aperçoivent. Parfois, c’est le père de famille qui nous demande de peindre un truc dans la chambre de son enfant », révèle-t-il.

(1) : prénom d'emprunt afin de conserver l'anonymat

Retrouvez l'article dans sa totalité dans "Le Maine Libre", paru mercredi 15 août.

Voici une petite sélection de clichés pris au Mans et ses alentours.

Si vous désirez davantage d'informations, que vous voulez partager vos impressions ou même vous indigner, une adresse mail a été créée spécialement pour cela : eaukayisme@gmail.com

  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert

    Mario a choisi de s’exprimer en peignant sur les murs. Son but : rendre les villes plus vivantes.

  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre', Denis Lambert


  • Photo 'Le Maine Libre'


  • Photo 'Le Maine Libre'


 

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