Emprunts toxiques : le poison a touché des communes sarthoises

0 17.11.2011 16:30

De 2006 à 2009, 5 500 communes françaises ont financé une partie de leur dette avec des emprunts « structurés ». Aujourd’hui, elles doivent faire preuve d’imagination pour s’en sortir. Exemple à La Flèche.Emprunt toxique est une formule générique dont il est parfois difficile de comprendre les tenants et les aboutissants (1). En Sarthe, plusieurs communes sont prises dans cette nasse financière. L’une d’entre elles a accepté le challenge de jouer à livre ouvert. Il s’agit de La Flèche. Aujourd’hui, elle s’en sort plutôt bien, mais se trouve quand même en sursis. Explication sur ce mécanisme infernal…Formule « magique » Nous sommes en 2006, les taux d’intérêts sont bas. La ville de La Flèche a une vingtaine d’emprunts divers et variés. Après analyse de la situation, elle juge intéressant de renégocier une bonne partie de la dette.Au final, la vingtaine d’emprunts est alors transformée en quatre prêts dont trois structurés. Sur ces trois-là, un a été contracté auprès de Dexia, et était indexé sur le taux de change entre l’euro et le franc suisse.Le taux de cet emprunt de 26 ans était au départ de 3,64 %. Hélas, avec la formule « magique » au mois de mai dernier, « on aurait dû passer à 9 % », indique le directeur, avant de préciser que les élus ont choisi de renégocier. Mais, attention dans le cas présent, il n’était pas question de renégocier l’ensemble du capital restant dû (environ 8 millions d’euros) au risque de devoir payer une pénalité presque équivalente à ce capital restant dû… Incroyable ! Alors pour éteindre un peu l’incendie, la ville de La Flèche a choisi de renégocier sur 2 ans en décrochant au passage un taux provisoire de 6,5 % et en concédant un allongement de 4 ans à taux fixe cette fois sur un autre emprunt. En d’autres termes pour garder une charge constante, il a fallu concéder cette rallonge dans le temps.Deux ans de sursis, quatre ans ferme en plus à rembourser ! Le risque est donc toujours là. « Nous avons estimé que le retour à la normale ne pouvait pas se faire avant deux ans », explique le directeur général pour justifier le choix. « Par contre, si l’écart de change continue de se creuser dans le mauvais sens, ce sera alors encore plus compliqué à résoudre ».NB : En mai, juste avant la renégociation, par rapport à un taux fixe classique (d’un montant plus élevé), la ville était encore gagnante. Avec les 4 ans supplémentaires tout a changé.Bruno MORTIER(1) Les prêts dits toxiques sont ce que les spécialistes appellent des prêts structurés. Au départ, et c’est le début du piège, les remboursements se font sur des taux très attractifs et restent ainsi les premières années. Ensuite, les taux évoluent selon des formules mathématiques complexes qui peuvent être basées sur des valeurs extrêmement variables (un écart entre un long et un taux court, la parité entre l’euro et le franc suisse, celle avec le yen, ou encore des monnaies plus exotiques…). Le risque de dérapage est grand. Pas chers au départ, ils peuvent devenir redoutablement onéreux à l’arrivée pour les collectivités surtout quand certains équilibres économiques sont soudainement rompus.Lire l'intégralité du dossier dans «Le Maine Libre» de ce lundi.

 

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