Egypte: Moubarak interdit de partir, les jeunes maintiennent la pression

0 21.11.2011 10:35

L'ex-président égyptien Hosni Moubarak et sa famille ont été interdits de quitter le pays et leurs avoirs en Egypte ont été gelés lundi, tandis que les jeunes qui ont initié le mouvement de révolte continuent de réclamer des réformes rapides aux militaires au pouvoir.La décision annoncée par la justice égyptienne concerne le président déchu, son épouse ainsi que leurs deux fils et leurs épouses.Un adjoint du ministre de la Justice, Assem el-Gawhari, cité plus tard par l'agence officielle Mena, a aussi demandé "que les mesures légales soient prises pour lever le secret sur les comptes bancaires de l'ex-président Hosni Moubarak, son épouse Suzanne Sabet, ses fils Alaa et Gamal, leurs épouses et leurs enfants mineurs".Selon le gouvernement et la presse, les Moubarak sont partis dans la station égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, après la démission du raïs le 11 février. Aucun membre de la famille n'a fait d'apparition ou de déclaration publique depuis.La justice avait déjà annoncé il y a une semaine avoir demandé le gel des avoirs à l'étranger de l'ex-président et de sa proche famille.Selon le journal gouvernemental Al-Ahram de lundi, la famille Moubarak aurait "des comptes secrets dans des banques égyptiennes". Il cite des dépôts de 147 millions de dollars pour Suzanne Moubarak, 100 millions pour Alaa et 100 millions également pour Gamal, mais sans chiffrer les avoirs de l'ex-président.L'Egypte a lancé ces derniers jours de nombreuses opérations judiciaires contre des personnalités politiques et économiques proches de l'ancien pouvoir, en invoquant le plus souvent des accusations de corruption et de fraude.Ces procédures visent tout spécialement les proches de Gamal Moubarak, autrefois dauphin potentiel de son père, proche des milieux d'affaires et mal vu des militaires qui dirigent aujourd'hui le pays.Figure emblématique de l'ère Moubarak et tenu pour responsable de la répression de la récente révolte, l'ex-ministre de l'Intérieur Habib el-Adli doit comparaître en justice le 5 mars pour blanchiment d'argent.La corruption régnant au sein du régime était l'un des principaux griefs des manifestants qui ont fait tomber M. Moubarak. Ce sujet alimente également les conflits sociaux et salariaux qui se sont multipliés après sa chute.La "Coalition des jeunes pour la révolution", un groupe influent par le biais d'internet, a fait savoir sur le site Facebook qu'il avait rencontré dimanche des membres du conseil suprême des forces armées, la junte d'une vingtaine de généraux à qui M. Moubarak a légué le pouvoir en partant.Les jeunes réclament notamment le départ d'ici un mois du gouvernement dirigé par Ahmad Chafic, nommé dans les derniers jours de M. Moubarak à la présidence, et son remplacement par un cabinet "de technocrates indépendants, dirigé par une personnalité de consensus". Ce gouvernement a été chargé par l'armée de gérer les affaires courantes.Ils réclament aussi la mise en place d'un "conseil présidentiel" composé de civils et d'une personnalité militaire, ainsi que la libération de tous les détenus politiques et une profonde réforme des services de sécurité.L'armée a promis un retour à un pouvoir civil dans quelques mois après la tenue d'élections législatives et présidentielle démocratiques.Une commission chargée de réformer une Constitution accusée d'être taillée sur mesure pour assurer une présidence à vie à M. Moubarak et la transmission du pouvoir à son fils a rendu ses propositions pour des amendements.Les mandat présidentiels illimités de six ans devraient être remplacés par deux mandats consécutifs maximum de quatre ans chacun, et les conditions de candidature assouplies.

 

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