Edwige Antier au Pôle santé sud aujourd’hui : « On peut allaiter et être émancipée »

0 18.11.2011 09:18

« Le Maine Libre » : Comment expliquer le retard de la France en matière d’allaitement ?Edwige Antier : Il y a essentiellement deux facteurs. En France, les seins des femmes ne sont pas faits pour les bébés, mais pour la mode, la beauté, les podiums, les hommes, les seins nus sur la plage. Cette culture très ancienne qui veut la femme comme un objet de l’homme et un objet estéhtique fait qu’il y a longtemps qu’on a perdu la tradition de l’allaitement. Et puis, le deuxième facteur est que dans la formation des médecins, des infirmières, très peu de temps est consacré à l’allaitement à la fois dans la formation universitaire et ensuite dans la formation continue.Les pays nordiques, au contraire, sont très bien placés pour l’allaitementQuand on voit ces belles Suédoises qui n’ont pas l’air du tout de « mamas » d’une autre époque, c’est un très bon exemple ! Si il y a des femmes égalitaires, libérées, qui travaillent, ce sont bien les Suédoises alors même qu’elles sèvrent entre un et deux ans ! L’allaitement exclusif est pratiqué en Suéde pendant six mois mais c’est aussi parce que le congé maternité le leur permet, ce qui n’est pas le cas en France. Ceci étant, il ne faut pas prendre prétexte de la brieveté du congé maternité pour sevrer complètement.Justement, comment peut-on allaiter en travaillant ?On peut soit tirer son lait si on a envie soit passer le bébé au biberon et téter quand il est avec sa mère. Je travaille beaucoup en crèche et à former des équipes. Nous donnons des protocoles « comment allaiter à la crèche ». Ce n’est pas parce qu’on reprend le travail qu’il faut en plus sevrer le bébé ce jour-là. Au contraire, le travail est totalement compatible avec la douceur des retrouvailles par une tétée. On peut allaiter très longtemps tout en travaillant. Il y a d’ailleurs un décret qui oblige les crèches à avoir un coin tranquille pour permettre à la mère de venir allaiter, et dans le code du travail, les femmes ont le droit de s’arrêter une heure pour tirer leur lait.Au pôle santé sud, vous aborderez la question des lactariumsNon seulement les lactariums sont essentiels car ils fournissent du lait aux bébés qui en ont le plus besoin, notamment les prématurés, mais ils sont aussi extrêmement précieux pour remettre en place les idées reçues. Sachez par exemple, que quand une mère tire son lait pour le donner au lactarium, elle peut allaiter trois bébés ! Comment peut-on croire alors qu’une femme peut « ne pas avoir de lait » ? De même, le lait donné au lactorium n’est pas analysé. C’est bien la preuve que le lait maternel est toujours bon !Que pensez-vous des mères qui choisissent le biberon ?Je ne suis pas non plus une ayatollah de l’allaitement ! Il est juste dommage qu’aujourd’hui, les gens ne sachent pas faire. Mais sinon, ils font ce qu’ils veulent. Je dis toujours qu’il ne faut pas dire « moi j’allaiterai ou je n’allaiterai pas ». Je dis aux femmes : « attendez de voir votre bébé, de le rencontrer ». On n’est pas obligé de couper le lait tout de suite. Il ne faut pas se précipiter.Propos recueillis par Mathilde BELAUDRetrouvez la suite de notre entretien avec Edwige Antier, dans nos éditions du « Maine Libre », datées de ce mardi 18 octobre

 

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