Duel Le Pen-Mélenchon: deux candidats "anti-système" mais bien opposés

0 21.11.2011 13:33

Déjà en lice à quatorze mois de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen (FN) et Jean-Luc Mélenchon (PG) se sont affrontés lundi matin sur BFMTV et RMC, lors d'un débat vif et courtois qui a souligné, sans surprise, leurs profondes divergences sur l'immigration et la laïcité.Candidats autoproclamés de la rupture avec le "système", la patronne du Front national et le leader du Parti de gauche se sont renvoyés la balle sur ce terrain en évitant soigneusement d'apparaître trop agressifs."Ne venez pas nous dire aujourd'hui que vous êtes un rebelle à ce système", a lancé Mme Le Pen, accusant son adversaire d'avoir accompagné, en étant ministre de Lionel Jospin, plusieurs privatisations en France."Vous allez apporter vos voix à Madame Aubry et même à M. Strauss-Kahn" en 2012, a attaqué celle qui balaye toute idée d'alliance avec l'UMP."Je vous confirme un point: contre vous, on fera tous bloc à gauche", lui a rétorqué M. Mélenchon, ajoutant: "vous ça fait 40 ans que vous existez (...) vous n'avez jamais servi à rien à part amener la haine"."C'est à nous et à personne d'autre qu'on doit la retraite à 60 ans, la 5e semaine de congés payés, la dépénalisation du délit d'homosexualité, la fin de la peine de mort", s'est défendu le quasi-candidat du Front de gauche à la présidentielle.Poil à gratter du PS, Jean-Luc Mélenchon a voulu montrer qu'il était le mieux à même de démonter "rationnellement" la mécanique frontiste, ce qu'il a résumé à un "effet Dracula": "il faut allumer la lumière, et pouf... ça s'en va en petits morceaux".Côté petites phrases, Marine Le Pen n'était pas en reste: "vous êtes un peu la Yvette Horner de la politique, tous les combats que vous menez ont trente ans de retard".Avec l'immigration comme point de départ, le débat a d'emblée mis en exergue les profonds clivages entre les deux protagonistes, que certains observateurs rangent dans la case "populisme".A un Mélenchon qui veut la régularisation des sans-papiers et voit l'immigration comme une "richesse" économique et culturelle pour la France, la fille de Jean-Marie Le Pen a opposé une cause de la "baisse des salaires des Français" et de "la déstabilisation massive de notre système de protection sociale".S'empoignant sur l'aide médicale d'état (AME), accordée aux étrangers aux faibles ressources, Jean-Luc Mélenchon a demandé à Marine Le Pen si elle était prête à "laisser quelqu'un crever de sa maladie", pendant qu'elle s'insurgeait de "droits scandaleux" ouverts à "des clandestins".Le duel est resté clivé sur la laïcité, que Marine Le Pen voit menacée par une "montée de l'intégrisme musulman". Faux, selon Mélenchon: "il n'y a pas de problème avec l'islam" mais "avec une poignée de fanatiques que nous mettrons à merci"."Nier les racines chrétiennes de la France (...) m'apparaît être une absurdité historique et politique", a plaidé Mme Le Pen face à M. Mélenchon, pour qui la "laïcité a été arrachée à l'obscurantisme religieux"."Vous madame, vous faites le tri avec vos intégristes, il y a les bons et les mauvais (...) la seule chose que vous avez c'est une obsession anti-arabes et anti-musulmans", a-t-il accusé.L'échange entre les deux eurodéputés s'est conclu sur l'euro, dont Marine Le Pen réclame la sortie, tandis que M. Mélenchon, lui aussi en lutte contre l'"Europe libérale", prône une monnaie unique permettant d'instaurer "un Smic européen".A la sortie du débat, ce dernier, sûr de lui, se félicitait d'avoir "envoyé au tapis" sa rivale. De son côté, Marine Le Pen a placé la barre plus haut: Mélenchon, ce "n'est pas mon adversaire prioritaire, c'est +l'UMPS+".

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