Du silence à la clameur, une marche pour les deux jeunes morts au Mali

0 21.11.2011 10:06

"Ciao ami, petit Vince, notre pote, notre frère, notre nouvelle étoile dans le ciel et bien sûr à ta santé l'ami": lors d'une marche silencieuse à Linselles, Chloé a rendu hommage dimanche avec 2.000 personnes à Vincent et Antoine, les deux jeunes Français enlevés au Niger puis tués.Dans un silence religieux, un cortège composé de membres des familles, d'amis, d'élus et d'anonymes, de Linselles ou d'ailleurs, a traversé la petite ville du Nord d'où étaient originaires Antoine de Léocour et Vincent Delory, enlevés à l'âge de 25 ans au Niger puis tués au Mali.En tête du cortège, parti du quartier où les deux amis ont grandi, des amis à l'initiative de la marche ont porté une banderole à l'effigie d'Antoine, qui travaillait pour une ONG en Afrique où il allait se marier, et de Vincent, son ami d'enfance parti le rejoindre pour assister à la noce.Dans la foule, se trouvait Rakia, jeune Nigérienne qui devait épouser Antoine. La maire de Lille, Martine Aubry, était également présente, ainsi que Anh Dao Traxel, fille adoptive de Jacques Chirac.Seul le bruit des pas sur le macadam se faisait entendre tout au long de la marche, encadrée de riverains aux yeux souvent embués par l'émotion, sur le pas de leur porte, observant avec respect et retenue. "Linselles est une petite ville. Ici, tout le monde se connaît", a expliqué Benjamin, 27 ans, ami d'enfance de Vincent. "C'est très dur, surtout la façon dont ils ont été tués". L'incompréhension s'ajoutait parfois à la douleur, comme pour Valérie, Linselloise de 41 ans, venue avec ses enfants. Pour elle, "il reste encore des questions" autour des circonstances de la mort de Vincent. "L'intervention de la France, c'est très bien, mais ils ne sont quand même plus là".Marine, âgée de 12 ans, n'a "pas très bien compris" pourquoi Antoine et Vincent avaient trouvé la mort. Tout juste sait-elle que "c'est injuste qu'ils soient morts comme ça"."On ne peut pas s'apitoyer, tu nous bouderais de là-haut", dit Chloé, en s'adressant à Vincent, à l'issue de la marche.La jeune femme rend hommage avec d'autres amis à sa "fidélité, que ce soit dans (son) amitié ou (ses) idées", sur un podium dressé au point d'arrivée de la marche, devant l'église où auront lieu lundi les funérailles en présence du président Nicolas Sarkozy."Quand on va se retrouver, ça va être une grande fête. En attendant, on va se serrer les coudes et on va faire ce que tu préfères, on va boire des bières", dit Antoine, dans un sourire entrecoupé de larmes, pour rendre hommage à son homonyme "parti trop vite". "Pour eux, je vous demanderai une minute de bruit", demande ensuite un autre ami, déclenchant la clameur de tous.Après la marche, une file impressionnante de personnes est allée se recueillir une fois encore devant la chapelle ardente où les cercueils des jeunes hommes ont été déposés vendredi soir.

 

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