Diabète: l'Avandia, jugé trop risqué, banni dans l'UE et restreint aux USA

0 21.11.2011 09:37

L'usage de l'antidiabétique Avandia, du groupe britannique GSK, va être interdit dans l'UE et sévèrement restreint aux Etats-Unis, les autorités européennes et américaines ayant jugé jeudi qu'il faisait courir aux patients des risques accrus de problèmes cardiovasculaires.Le comité des experts de l'Agence européenne des médicaments (EMA), organisme sis à Londres et qui est chargé d'évaluer la sûreté des produits pharmaceutiques pour le compte de l'Union européenne, a conclu au vu de l'ensemble des données disponibles, que les bienfaits apportés par l'Avandia n'étaient pas suffisants par rapport aux risques qu'il présentait.L'EMA a donc recommandé la suspension de son autorisation de vente dans l'UE, plus la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein. Cette décision a été transmise à la Commission européenne, à qui il revient de décider formellement du retrait de ce médicament. Bruxelles se contente généralement de suivre ses avis.Selon l'EMA, l'Avandia ne devrait plus être vendu en Europe d'ici "quelques mois". En attendant, elle a recommandé aux médecins de ne plus le prescrire et de "réfléchir à des traitements alternatifs" avec les patients concernés.Conformément à cette décision, l'agence française des produits de santé, l'Afssaps, a demandé aux médecins français d'en arrêter la prescription.La FDA, homologue américaine de l'EMA, qui s'était penchée dès cet été sur la sûreté de l'Avandia, a pris de son côté une décision presque aussi stricte, en choisissant de restreindre très sévèrement l'usage de l'antidiabétique aux Etats-Unis, sans aller toutefois jusqu'à l'interdire totalement.Dans le détail, elle a limité sa prescription aux seuls patients souffrant de diabète dit de type 2 (forme se développant chez les adultes), et qui ne peuvent pas contrôler leur maladie avec les autres antidiabétiques existants.Ces décisions, en Europe comme aux Etats-Unis, répondent à des études publiées depuis 2007, qui ont montré que l'usage de l'Avandia, autorisé depuis 1999 aux Etats-Unis et 2000 dans l'UE, induisait un risque élevé de problèmes cardiovasculaires (y compris d'attaques cardiaques et cérébrales) pour les patients.Cette double décision constitue un grave revers pour son fabricant, le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, qui avait toujours défendu sa sûreté, en s'appuyant sur une étude conduite auprès de plus de 50.000 patients. Le groupe en a pris acte, mais a réaffirmé qu'il croyait toujours que "l'Avandia est un traitement important pour les patients souffrant de diabète de type 2".La controverse sur la sûreté de cet antidiabétique, qui faisait partie des médicaments vedettes de GSK, a déjà fait plonger ses ventes depuis trois ans.Au premier semestre 2010, elles ne représentaient plus que 321 millions de livres (en incluant les produits associés), soit environ 380 millions d'euros, alors que sur l'ensemble de l'année 2006, elles avaient rapporté 1,6 milliard de livres.GSK a précisé ce jeudi que les décisions de l'EMA et de la FDA allaient faire encore fondre de moitié les ventes du produit sur le semestre en cours, et qu'elle ne comptait plus ensuite en écouler que des quantités "minimales".L'affaire devrait par ailleurs lui coûter environ 100 millions de livres en frais divers, une somme modeste au regard de ses bénéfices annuels (5,5 milliards de livres en 2009). Mais l'impact sur sa réputation et sur son cours de Bourse risque d'être bien plus élevé.l

 

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