Des milliers de naufragés piégés par la neige en Ile-de-France

0 18.11.2011 09:43

Plusieurs milliers de personnes étaient bloquées mercredi soir dans les aéroports parisiens, sur les routes, ou sur leurs lieux de travail en Ile-de-France en raison des chutes de neige qui ont provoqué une pagaille monstre avant le verglas attendu dans la nuit."J'ai mis 5 heures pour faire 500 mètres" sur la RN118 dans l'Essonne, au sud de Paris, a expliqué un automobiliste, qui a finalement décidé de rentrer à pied chez lui. "Ils ont rien fait, c'est pas salé!": des chauffeurs routiers bloqués sur la nationale 6 à hauteur de Montgeron (Essonne), ne cachaient pas leur colère mercredi soir, piégés eux aussi par la neige.Malgré l'annonce de l'épisode neigeux prévu par Météo-France, l'Ile-de-France a vécu l'un des pires scénarios depuis la nuit du 4 au 5 janvier 2003 où des milliers de personnes avaient été bloquées essentiellement sur les routes.Après une suspension temporaire du trafic aérien, des milliers de passagers étaient bloqués dans les aérogares de Roissy-Charles de Gaulle, où les hôtels étaient saturés."Plus d'une centaine de vols Air France ont été annulés dans l'après-midi à Roissy, et une quarantaine de vols ont été déroutés sur d'autres aéroports français", a indiqué une porte-parole de la compagnie. A Orly, il fallait compter avec une à deux heures de retard sur les vols après une fermeture des pistes pendant 30 minutes.Peu avant 23H00 mercredi, des automobilistes, dont le nombre restait indéterminé, étaient encore bloqués sur plusieurs axes. Malgré les recommandations, certains ont abandonné par dizaines leur véhicule sur la N118 où la circulation n'avait pas repris.Le Centre régional d'Information routière (CRIR) avait prévenu en début de soirée que la circulation était "impossible pour tous véhicules sur les principaux axes autoroutiers et sur le réseau secondaire" en raison des chutes de neige. La circulation s'améliorait légèrement en fin de soirée, selon le CNIR.Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui doit se rendre jeudi au Maroc, a annoncé avoir mobilisé près de "5.000 gendarmes et policiers" afin d'éviter un nouvel épisode de "naufragés de la route", ajoutant qu'il était "impossible" que des gens dorment dans leur voiture, réfutant le terme de "pagaille sur les routes".Des centres d'hébergement ont été mis en place pour accueillir des personnes bloquées. En Seine-et-Marne, plus de 300 lycéens s'apprêtaient à passer la nuit dans leurs établissements scolaires.De très nombreux salariés ont été coincés sur leur lieu de travail: près d'un millier de personnes restaient bloquées au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), situé sur la plateau de Saclay (Essonne), et s'apprêtaient à y passer la nuit. Deux cents retraités en visite touristique dans le Val-de-Marne étaient hébergées mercredi soir à Nogent-sur-Marne pour éviter d'être piégés.Dans les Yvelines, une cinquantaine de communes se tenaient prêtes à accueillir des automobilistes ne pouvant regagner leur domicile.Malgré l'interdiction pour les poids lourds de circuler en Ile-de-France depuis le début de l'après-midi, plusieurs accidents ont paralysé la circulation routière autour de la capitale qui a vu tomber 11 cm de neige en une journée, record battu seulement en 1987.Si la neige devait cesser "progressivement dans la soirée sur l'Ile-de-France", Météo France prévoyait un refroidissement sensible dans la nuit favorisant la formation de glace au sol.En prévision de ce verglas sur les routes, les préfectures des Yvelines, de l'Essonne, de Seine-et-Marne, l'Aisne, la Marne et les Ardennes et la Meuse notamment ont interdit les transports scolaires jeudi. La mairie de Paris a annoncé des "mesures exceptionnelles" pour procéder au salage de la totalité des trottoirs parisiens encore recouverts de neige et en prévision du verglas attendu en soirée.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.