Des milliers d'Arméniens de France mobilisés pour la reconnaissance du génocide

0 21.11.2011 13:55

La communauté arménienne de France s'est saisie samedi des cérémonies de commémoration des massacres de 1915-1917 pour relancer son combat pour la reconnaissance du génocide par la Turquie et le vote en France d'une loi pénalisant la négation de ce génocide.Plusieurs milliers d'Arméniens de France - 6 à 7.000 selon les organisateurs, 2.600 selon la Préfecture de police - se sont rassemblés samedi après-midi place du Canada à Paris (8e arrondissement), au pied de la statue de Komitas, ecclésiastique rescapé du génocide mort en 1935, pour réclamer la reconnaissance du génocide."L'objectif de cette journée, c'est de se recueillir en mémoire des victimes mais aussi de rappeler à l'état turc que nous attendons que le génocide soit reconnu", a dit à l'AFP Alexis Govciyan, président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF).Les Arméniens qualifient de génocide les massacres et déportations qui, entre 1915 et 1917, ont fait, selon eux, plus d'un million et demi de morts au sein de leur communauté.La Turquie reconnaît qu'entre 300.000 et 500.000 personnes ont péri. Selon Ankara, toutefois, elles n'ont pas été victimes d'une campagne d'extermination mais du chaos des dernières années de l'Empire ottoman.Des représentants des communautés religieuses, dont Monseigneur Norvan Zakarian, primat du diocèse arménien de France, ont prononcé une prière et des gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la statue. "C'est un moment fort pour nous, pour se souvenir de nos parents, de nos grands-parents", a confié à l'AFP Arsène Kalaidjian, 73 ans. "Mon père, qui a survécu mais pas son frère, avait neuf ans quand il est parti dans les convois de déportation", raconte-t-il, les larmes aux yeux."Nous, la deuxième génération, nous sommes restés silencieux, c'est la troisième génération, nos enfants, qui ont pris conscience du drame et commencé à revendiquer la reconnaissance du génocide", a-t-il poursuivi.Venus de Reims en train avec un ami pour assister aux commémorations de la journée, Roman Khoudhaverdian, 17 ans, un drapeau arménien sur les épaules, se dit "là pour défendre (son) peuple".En fin d'après-midi, les manifestants sont arrivés en haut des Champs-Elysées, où Charles Aznavour a ravivé la flamme du soldat inconnu à l'Arc de Triomphe.Vendredi matin, des représentants de la communauté arménienne avaient été reçus au Sénat, où ils ont réclamé que celui-ci examine la proposition de loi visant à pénaliser la négation du génocide, toujours en suspens depuis son vote à l'Assemblée nationale le 12 octobre 2006. "Je pense que les choses vont avancer", a confié Alexis Govciyan, reçu vendredi par le président du groupe d'amitié France-Arménie au Sénat, Serge Lagauche (PS)."Nous lui avons dit que nous sommes très pressés parce que nous sommes inquiets des actes et écrits négationnistes", a ajouté Alexis Govciyan, soulignant que "lorsqu'on nie la réalité d'un génocide, on offense les victimes de la guerre et on porte atteinte à la mémoire de leurs descendants".La France, qui a reconnu le génocide arménien par une loi promulguée le 29 janvier 2001, héberge la plus forte communauté arménienne d'Europe occidentale avec plus de 500.000 personnes, essentiellement en région parisienne, à Lyon et Marseille.Un appel a été lancé à un prochain rassemblement devant le Sénat le 18 mai à 18H00.

 

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