Des centaines de marins prisonniers des glaces dans l'Extrême-Orient russe

0 21.11.2011 13:33

Des centaines de marins russes sont depuis près d'un mois prisonniers des glaces sur leur navire bloqué par des températures polaires en mer d'Okhotsk, dans l'Extrême-Orient russe, malgré les efforts de deux, puis trois brise-glaces pour les libérer.C'est la veille du Nouvel an que deux navires envoient un premier signal de détresse, piégés par les glaces dans la baie de Sakhaline, à 12 milles marins de la côte.La navigation dans cette zone prend habituellement fin en novembre, "pour éviter le risque d'être coincé par les glaces", a dit au téléphone à l'AFP Viktor Dournev, un porte-parole du Service de navigation maritime de l'Extrême-Orient.Mais cinq bateaux, avec au total près de 600 personnes à leur bord, choisissent d'entrer dans la baie, et s'y trouvent alors bloqués par des glaces de deux à quatre mètres d'épaisseur.Le 4 janvier, deux brise-glaces, l'Amiral Makarov et le Magadan, aidés par quatre hélicoptères, sont sur place, mais l'épaisseur des glaces et les conditions météorologiques rendent leur tâche très difficile.Il fait moins 22 degrés et la visibilité ne dépasse pas 300 mètres.Les médias russes suivent au jour le jour l'évolution de cette situation inédite depuis 1965, lorsque cinq navires soviétiques avaient été piéges par les glaces dans la même région.Faute de brise-glaces disponibles, les bateaux avec leurs équipages avaient dû attendre le mois de juin pour être libérés.Pendant leur longue hibernation, ils recevaient des vivres d'hélicoptères et d'attelages de villages voisins, et faisaient fondre la glace pour obtenir de l'eau potable.Cette fois, dans la nuit du 4 au 5 janvier, le brise-glace Makarov arrive à prendre en remorque le navire Mys Elizavety, avec ses 78 marins, et à le sortir des glaces.Restent alors l'usine flottante de transformation du poisson Sodroujestvo, avec 368 personnes à son bord, les navires Professeur Kisivetter (78 marins) et Bereg Nadejdy (35 hommes). Un autre, l'Anton Gourine, a réussi à se libérer par lui-même.Le 4 janvier, la télévision montre le Premier ministre Vladimir Poutine s'adressant par radio-téléphone au commandant du Sodroujestvo et lui promettant une prochaine libération."Vous devez patienter encore 24 heures", dit alors le Premier ministre.Plus de vingt jours après, le gigantesque navire est toujours dans les glaces."La glace dans cette zone est particulière", raconte à l'AFP l'officier Anatoli qui suit l'opération de son état-major, à Ioujno-Sakhalinsk.Mélange d'eau douce du fleuve Amour et d'eau salée de la mer d'Okhotsk, "cette glace forme une masse malléable très difficile à briser", dit-il.Le brise-glace Magadan s'y bloque lui-même, et l'Amiral Makarov, plus puissant, doit le libérer.Le 6 janvier, après avoir remorqué le Professeur Kizivetter vers les eaux libres, le Makarov tente en vain de prendre en remorque le bateau réfrigérateur Bereg Nadejdy, long de 153 mètres.Un troisième brise-glace, le Krassine, arrive dans la zone le 10 janvier."Les brise-glaces travaillent jour et nuit", n'avançant que de deux à quatre kilomètres par jour, les filins de remorquage, en acier de 60 mm de diamètre rompant sans arrêt, raconte Anatoli.Lundi, le Bereg Nadejdy est enfin libéré des glaces.Mais les brise-glaces, après avoir été ravitaillés en carburant par un tanker, doivent repartir chercher le plus gros des navires, le Sodroujestvo, qui restait mardi à 50 milles marins des eaux libres. Large de 28 mètres, il va devoir être remorqué par deux brise-glaces en tandem.

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