Dernière "standing ovation" et émotion populaire pour Annie Girardot

0 21.11.2011 10:31

Le public n'a pas oublié Annie Girardot : un millier de personnes, presque autant que pour le couturier Yves Saint Laurent, se sont réunies vendredi à Paris devant l'église Saint-Roch pour un dernier adieu en présence d'Alain Delon, Mireille Darc ou encore Jean-Paul Belmondo."C'était une actrice fabuleuse, généreuse qui pouvait aussi bien faire rire qu'émouvoir. Elle était le symbole de la femme libre et moderne, victime de sa générosité peut-être", a témoigné à l'AFP Sylvie Anglade, une admiratrice.Venue avec ses parents pour qui l'actrice était à l'écran le symbole d'une "mère idéale", Tina, 12 ans, trouvait Annie Girardot "très jolie, rigolote, expressive et sincère".Des applaudissements nourris ont salué l'entrée du cercueil dans l'église où un grand coeur de roses rouges avec la mention "Vive la vie", signé de Giulia, sa fille, Lola et Renato, ses petits-enfants, avait été disposé, à proximité d'une photo de l'actrice.Une gerbe de fleurs d'Isabelle Adjani était dédiée à sa "maman-cinéma inoubliable". Une autre avait été envoyée par le président de la République.Claude Lelouch, Jane Birkin, Bertrand Blier, Jean-Pierre Marielle, Jack Lang ou encore le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, ont assisté à la bénédiction à laquelle quelque 300 anonymes ont été conviés à la demande de la famille.Bousculant le cérémonial, Claude Lelouch a demandé une "standing ovation"."La mort donnait le trac à Annie. Je pense qu'elle est déjà en train de tourner avec le +Grand Metteur en Scène+ et elle va faire un tabac !, a-t-il déclaré, déclenchant des applaudissements nourris pendant de longues minutes."Annie n'est plus seule. On a tous des raisons de lui dire merci", a dit le père Philippe Desgens, aumônier des artistes, estimant qu'"il ne faut jamais attendre qu'il soit trop tard pour avoir l'audace de dire merci".Très ému, Alain Delon, arrivé main dans la main avec Mireille Darc qui avait tourné avec Annie Girardot "Elle boit pas, elle fume pas mais elle cause", a lu l'un des poèmes préférés de l'actrice, "Peindre un oiseau" de Jacques Prévert, tandis que Line Renaud a choisi "La mort n'est rien" de Charles Péguy.Le ministre de la Culture a souhaité paraphraser ses déchirants remerciements en 2005, lors des César : "Je ne sais si nous vous avons manqué lorsque la nuit a commencé de vous envelopper, mais je sais que vous allez nous manquer terriblement, éperdument, douloureusement"."Vous n'êtes pas morte : vous nous laissez votre si belle famille, votre exemple et vos films", a ajouté Frédéric Mitterrand, évoquant cette actrice qui débuta dans le drame avec "Rocco et ses Frères" pour triompher dans la comédie des années 70 et tourner plus de 120 films.L'annonce de son décès, lundi à 79 ans, a provoqué une vive émotion populaire et plongé le cinéma français dans la tristesse, bien que la comédienne fût déjà hors du monde depuis plusieurs années, emportée dans les brumes de son Alzheimer.Pour Renato Salvatori, 19 ans, petit-fils d'Annie Girardot qui lui a promis de devenir comédien, "le cinéma français a perdu une étoile. Moi, j'ai perdu mon étoile, celle qui brillera dans mon coeur à jamais inconsolable".Au terme de ces déchirants adieux marqués par la diffusion de la chanson de Jean Gabin "Maintenant, Je sais", Lola Vogel, petite-fille de l'actrice, s'est déclarée "heureuse de (la) savoir en paix, délivrée de cette putain de maladie".Annie Girardot a été inhumée dans l'après-midi au cimetière du Père-Lachaise.

 

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