Découverte d'oeuvres de Picasso, un couple de retraités objet d'une enquête

0 21.11.2011 09:58

Deux retraités de la Côte d'Azur, placés en garde à vue en octobre mais sans qu'aucune charge n'ait été pour l'instant retenue contre eux selon leur avocate, sont mis en cause par les héritiers de Picasso qui ont porté plainte contre X pour recel d'oeuvres inédites de l'artiste."Je n'ai eu accès à aucun dossier et n'ai connaissance d'aucune mise en examen pour l'instant", a expliqué Me Evelyne Rees, l'avocate du couple qui réside à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), à quelques kilomètres de Mougins où a vécu Picasso les dernières années de sa vie. Me Rees a précisé avoir rencontré les septuagénaires une seule fois, le 15 octobre, "après leur sortie de garde à vue".Le parquet de Grasse, chargé de l'enquête, n'a pas souhaité communiquer sur cette affaire, se bornant à dire que l'enquête était "en cours".Vivant dans une petite maison sans prétention à la sortie de Mouans-Sartoux, le couple Le Guennec avait été interpellé par la police judiciaire après avoir tenté d'obtenir des héritiers de Picasso des certificats d'authenticité pour des dessins et esquisses qu'ils attribuent à l'artiste.Le couple Picasso "m'(a) donné ça comme ils m'auraient donné autre chose. J'ai travaillé pour eux en 1970 jusqu'(au) décès (de Pablo Picasso) en 1973, et puis après j'ai travaillé pour Madame. Ce ne sont pas des tableaux, sinon il m'aurait fallu un camion. Il y a quelques dessins et des morceaux d'esquisses, c'est tout", a assuré sur RTL Pierre Le Guennec, un électricien à la retraite.Pourquoi avoir voulu faire authentifier ces pièces? "Parce que j'ai subi des opérations (chirurgicales) importantes et je risquais de ne pas survivre. Dans ce cas-là, je me suis posé la question: comment feront mes enfants (pour) expliquer" la provenance de ces oeuvres?, a argué le septuagénaire, affirmant n'avoir "aucune idée" de la valeur de celles-ci."Si cela m'avait intéressé, il y a longtemps que j'aurai essayé de les vendre", a-t-il ajouté."M. Le Guennec estime que si c'était du recel, il ne serait tout de même pas allé se jeter spontanément dans la gueule du loup!", ajoute Me Rees, interrogée par l'AFP.Selon Libération, qui a révélé l'affaire, 271 oeuvres de l'artiste datant des années 1900 à 1932 et dont personne ne connaissait l'existence ont été découvertes le 5 octobre au domicile du couple par l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) qui les a saisies."Mes clients estiment que le don de ces oeuvres à cet électricien est totalement irréaliste", a indiqué à l'AFP Me Jean-Jacques Neuer, l'avocat de six membres de la famille Picasso qui ont porté plainte."Cet électricien, qui se prétend un ami de longue date, n'était connu de personne alors que la vie de Picasso a été examinée en long, en large et en travers. On ne peut pas croire que l'artiste ait fait ces dons, c'est complètement loufoque", a asséné l'avocat."C'est pour cette raison que nous avons porté plainte contre X à Grasse et qu'une enquête a été confiée à l'OCBC".Selon Anne Baldassari, présidente du musée Picasso à Paris, les oeuvres saisies seraient au nombre de 175, mais comporterait "deux carnets avec plusieurs dizaines de feuillets dont l'un comptant près d'une centaine de feuillets".Ces oeuvres inédites - en grande majorité non signées car "Picasso ne signait ses oeuvres qu'à la demande des collectionneurs et des marchands" - présentent "un grand intérêt patrimonial", a-t-elle précisé, car "il s'agit typiquement du fonds de l'atelier de Picasso".

 

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