De la tapenade mal stérilisée à l'origine de huit cas de botulisme

0 21.11.2011 10:31

Huit personnes souffrant de botulisme ont été hospitalisées dans un état grave dans le Vaucluse et la Somme après avoir consommé de la tapenade artisanale fabriquée par une entreprise de Cavaillon, dont le système de stérilisation, jamais contrôlé, était défaillant. A Avignon, cinq personnes qui avaient partagé un repas de famille jeudi soir ont été admises ce week-end au service de réanimation du centre hospitalier de la ville, où elles sont toujours sous assistance respiratoire. "Deux sont proches de la soixantaine et trois sont octogénaires", a précisé la préfecture.Leur état est "stationnaire, il n'y a pas eu d'aggravation depuis 24 heures", a déclaré Stéphane Bourgeois, chef de service du Samu et des urgences à l'hôpital d'Avignon, lors d'une conférence de presse mardi. "Les patients sont âgés, donc leur état peut se compliquer", a-t-il ajouté.A Amiens (Somme), trois jeunes femmes, dont deux soeurs, âgées de 23 à 29 ans, ont été placées pour "au moins trois semaines" sous respirateur artificiel et sous anesthésie générale. Les premiers symptômes s'étaient manifestés dimanche au lendemain de leur dîner.L'enquête a permis d'identifier l'aliment en cause: il s'agit d'une conserve de tapenade d'olives vertes aux amandes produite par l'établissement "La ruche" de Cavaillon (Vaucluse) et vendue sous la marque "Les délices de Marie-Claire"."Le matériel utilisé est inadapté pour la stérilisation qui était faite avec une machine de type lessiveuse", a expliqué la secrétaire générale de la préfecture, Martine Clavel.L'atelier de production, installé en 2000, n'avait jamais fait l'objet de contrôle, le couple d'artisans le gérant n'ayant pas déclaré son existence auprès des services vétérinaires, visiblement "par ignorance".Ces deux sexagénaires, décrits comme très choqués, n'effectuaient aucune inspection eux-mêmes et ils n'avaient pas non plus sollicité d'organisme technique.D'après les informations fournies, le lot concerné comporte environ une soixantaine de bocaux de fabrication artisanale commercialisés dans les épiceries des Bouches-du-Rhône, de la Drôme, du Var et du Vaucluse."Un contrôle effectué par la direction départementale de la protection des populations (DDPP) a permis d'établir que cet établissement fabriquait également des produits en conserve sous la marque +Terre de Mistral+", a indiqué mardi soir la préfecture du Vaucluse appelant les potentiels consommateurs à ramener les produits et à ne pas les consommer. En cas de troubles, ceux-ci doivent immédiatement consulter un médecin.Dès les premiers résultats connus, la préfecture a pris lundi soir à l'encontre de l'entreprise un "arrêté préfectoral de suspension de son activité de production et de rappel de ses produits de conserve".L'alerte a été diffusée au niveau européen, selon Mme Clavel, les départements où sont distribués les produits concernés voyant passer un grand nombre de touristes durant l'été.Le botulisme est une maladie rare mais pas exceptionnelle en France, puisqu'on en recense une vingtaine de cas dans le pays chaque année. Elle n'est pas contagieuse.Selon l'Institut Pasteur, "c'est une affection neurologique grave provoquée par une toxine très puissante produite par la bactérie Clostridium botulinum", qui "se développe notamment dans les aliments mal conservés"."Elle se manifeste d'abord par des troubles visuels, puis une sécheresse de la bouche et une difficulté de déglutition, puis par une fatigue pouvant évoluer vers une paralysie atteignant progressivement tous les muscles du corps", précise l'institut.Si la mortalité du botulisme reste élevée quand le traitement n'est pas immédiat, "la grande majorité des malades pris en charge sans délai guérissent sans séquelles, mais la durée du traitement et de la convalescence peut être longue".

 

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