Dany Leprince libre après une décision judiciaire exceptionnelle

0 21.11.2011 09:31

Dany Leprince, 53 ans, condamné en 1997 à la perpétuité pour un quadruple meurtre familial, a retrouvé la liberté jeudi matin après 16 ans de prison, grâce à une décision exceptionnelle de la Commission de révision qui a relevé de nombreuses failles dans l'enquête.Pantalon et polo beiges, tenant la main de son épouse Béatrice rayonnante, cet homme au visage fatigué mais souriant a glissé un simple "merci" aux nombreux journalistes en sortant de la centrale de Poissy (Yvelines)."On va enfin vivre ensemble et de manière plus calme et plus sereine", a dit Béatrice, sa deuxième épouse qui s'est dite "très heureuse".Celui qui a passé 16 ans en détention, à Angers puis à Poissy, a "l'interdiction absolue" de parler à la presse et d'évoquer le dossier, a rappelé son avocat Me Yves Baudelot. Il a appelé les journalistes à le "laisser tranquille" pour "ne pas le pousser à la faute"."Après 16 ans de détention, se retrouver dehors... Tout a changé, tout est différent", a-t-il dit.Interdit dans la Sarthe, la Mayenne et le Maine-et-Loire, Dany Leprince va s'installer dans le Lot-et-Garonne où il commencera sa vie de couple avec Béatrice, médecin qu'il a épousé pendant sa détention en 2003.La Commission de révision de la Cour de cassation qui a suspendu sa condamnation le 1er juillet dernier a prévu un strict contrôle judiciaire.Dans une décision sans précédent, la Commission épingle de nombreux errements dans l'enquête judiciaire qui a conduit à sa condamnation, le 16 décembre 1997 par la cour d'assises de la Sarthe. Il avait alors été reconnu coupable des meurtres de son frère Christian, 34 ans, de sa belle-soeur Brigitte, 36 ans, et de ses nièces, Sandra 10 ans, et Audrey, 6 ans en septembre 1994 à Thorigné-sur-Dué (Sarthe). Seule Solène, 2 ans, avait miraculeusement échappé à la tuerie."Aucune preuve matérielle mettant en cause Dany Leprince n'a été établie", note la commission qui s'étonne qu'après un quadruple meurtre "aucune trace de sang" n'ait été trouvée sur ses vêtements, souligne le texte.L'arme supposée, une feuille de boucher, a été "récupérée dans des conditions dénuées de toute fiabilité avec l'accord des gendarmes"."Compte tenu du nombre de victimes et de l'acharnement du ou des agresseurs (..) il n'apparaît pas vraisemblable que ce massacre ait pu être accompli en un espace de temps aussi court que celui résultant des témoignages recueillis", assène la Commission."Contrairement à ce qui est relevé dans l'arrêt de renvoi, Dany Leprince n'a jamais reconnu avoir commis les quatre meurtres", les aveux ont concerné uniquement le meurtre de son frère, s'étonnent encore les magistrats."Le Major Monnier, commandant à l'époque de la brigade de gendarmerie du Mans, a entretenu avec les familles respectives de Martine Compain - son ex-femme - et de Nelly Hatton (la nounou de la petite Solène) des rapports incompatibles avec la procédure en cours", poursuit le texte.Plus, la commission s'interroge sur la présence sur les lieux de Dany Leprince dans le créneau horaire des crimes et sur ses aveux passés à la 46ème heure de garde à vue, confirmés devant le juge d'instruction mais rétractés "définitivement dès l'acte d'accusation suivant".Accusé par son ancienne femme et sa fille, dans des versions qui ont varié, Dany Leprince a depuis toujours clamé son innocence. La Commission a suspendu la peine et saisi la Cour de révision. Celle-ci peut rejeter la requête, annuler la condamnation ou demander un nouveau procès.

 

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