Côte d'Ivoire: l'ONU et la France frappent les derniers bastions de Gbagbo

0 21.11.2011 09:53

Les forces de l'ONU et de la France ont frappé lundi à Abidjan les derniers bastions du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, dont son palais et sa résidence, le jour où les combattants d'Alassane Ouattara engageaient une offensive pour en finir avec son régime.Les forces de M. Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, doivent lancer l'"assaut final" contre le palais présidentiel et la résidence de M. Gbagbo dans la nuit.Plus de quatre mois après le début d'une crise post-électorale qui a dégénéré en quasi-guerre civile, les Nations unies et l'ex-puissance coloniale française ont ciblé quatre sites qu'avaient échoué à prendre ces derniers jours les combattants pro-Ouattara.La mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et la force française Licorne ont tiré sur les camps militaires d'Agban et d'Akouédo ainsi que sur le palais et la résidence présidentielle."On a travaillé avec la force française Licorne", a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'Onuci Hamadoun Touré."Nous avons lancé l'opération destinée à protéger les populations en mettant hors d'état de nuire les armes lourdes utilisées par les forces spéciales de Laurent Gbagbo contre les populations et contre les Casques bleus de l'ONU", a-t-il précisé.Quatre hélicoptères de Licorne ont tiré sur le camp de gendarmerie d'Agban, bastion des forces pro-Gbagbo dans le nord de la capitale économique, a constaté un journaliste de l'AFP. Des témoins ont aussi rapporté des tirs sur le camp d'Akouédo (nord-est) par des hélicoptères de l'ONU.Vers 22H00 (locales et GMT), des tirs sporadiques d'arme lourde étaient entendus depuis le Plateau (centre), quartier du palais.La présidence française a confirmé que les troupes de l'Onuci ont engagé des actions auxquelles participent les forces françaises, en application de la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU, pour "neutraliser les armes lourdes utilisées contre les populations civiles".Les frappes résultent d'une demande "urgente" du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon au président Nicolas Sarkozy, selon des responsables des Nations unies.Toussaint Alain, conseiller de M. Gbagbo en Europe, a condamné à Paris des "actes illégaux", "des actes de guerre". "La finalité de cette action, c'est l'assassinat du président Gbagbo", a-t-il déclaré à l'AFP.Mais le chef de l'ONU a assuré que les frappes visaient à protéger les civils et non à s'attaquer à M. Gbagbo."M. Gbagbo doit partir pour que la paix s'impose", a jugé de son côté l'Union européenne, par la voix de son président Herman Van Rompuy.Les bombardements sont intervenus le jour où les forces pro-Ouattara sont passées à l'offensive dans Abidjan, livrée au chaos depuis les combats qui ont suivi leur entrée jeudi soir dans la ville, après leur conquête du reste du pays en quatre jours."L'assaut final pour la prise totale de la résidence et du palais aura lieu dans les heures qui viennent. L'opération est prévue pour finir cette nuit", a indiqué à l'AFP vers 20H30 (locales et GMT) Sidiki Konaté, porte-parole de Guillaume Soro, Premier ministre de M. Ouattara.Dans la capitale économique, théâtre depuis jeudi soir de combats et de pillages, la France a entamé lundi matin le "regroupement" de ses ressortissants en trois points de la ville, notamment le camp de Licorne à Port-Bouët.Quelque 1.900 étrangers étaient lundi soir sous protection de l'armée française et 447 autres ont quitté Abidjan depuis dimanche, selon Licorne.Le Quai d'Orsay évalue à quelque 12.200 le nombre de Français actuellement en Côte d'Ivoire, dont 11.800 à Abidjan. Quelque 7.300 ont la double nationalité.La France a envoyé lundi 150 soldats supplémentaires pour protéger les expatriés à Abidjan, portant l'effectif de la force Licorne à environ 1.650 hommes.Quelques heures avant les frappes, deux Français, un Béninois et un Malaisien ont été enlevés à l'hôtel Novotel d'Abidjan par des "éléments armés" dans un quartier contrôlé par le président sortant Laurent Gbagbo, selon une source diplomatique."Entre six et sept éléments armés ont fait intrusion dans le Novotel", a précisé cette source. Selon elle, les Français enlevés sont le directeur de l'hôtel et le président du conseil d'administration du groupe agro-industriel ivoirien Sifca, Yves Lambelin.

 

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