Corse: stupeur après l'assassinat d'un proche collaborateur de Paul Giacobbi

0 21.11.2011 10:36

L'assassinat à l'arme de chasse du maire de Saint-André-de-Cotone, conseiller politique et proche collaborateur de Paul Giacobbi, député PRG et président de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), a plongé dans la stupeur lundi ce petit village de Haute-Corse.Des dizaines de villageois de Saint-André-de-Cotone, à 60 km au sud de Bastia, se sont rassemblés dans un silence absolu lundi matin dès l'annonce de l'assassinat de Dominique Domarchi, 63 ans, tué de plusieurs décharges de fusil de chasse.Maire de ce village de moyenne montagne de 167 âmes aux portes de la région de Castagniccia, M. Domarchi a été tué devant la porte de sa maison à 01H20. Il revenait de la soirée électorale des cantonales à la mairie, distante d'une centaine de mètres, où il avait supervisé le dépouillement, a indiqué le procureur de la République de Bastia, Dominique Alzeari.Ce père de deux enfants a été tué par un ou plusieurs tireurs embusqués qui avaient attendu qu'il monte l'escalier extérieur menant à la maison, au centre du village. Son épouse et ses enfants, réveillés par les coups de feu, sont descendus et ont trouvé M. Domarchi sans vie, puis ont donné l'alerte.Dominique Domarchi était maire depuis 27 ans de Saint-André-de-Cotone, où il était né le 6 février 1948. Il était aussi un très influent conseiller politique de M. Giacobbi à la CTC. Très ému, le président de l'exécutif régional est allé se recueillir devant le corps de la victime, qui était un ami personnel, alors que les spécialistes de l'identification criminelle étaient encore sur les lieux du crime. M. Giacobbi n'a fait aucune déclaration.Le cadavre de M. Domarchi a été emmené à bord d'un fourgon funéraire en fin de matinée. Il sera autopsié à une date non précisée."Aucune piste n'est privilégiée" dans l'enquête, qui a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie, a déclaré M. Alzeari qui devait s'adresser à la presse à 16H00 à Bastia.Le conseiller général du canton, Pierre-Louis Nicolaï, réélu dimanche, a déclaré à la presse qu'il avait vu M. Domarchi dimanche et qu'il ne lui "avait pas fait part d'une quelconque menace".Le fait que la victime ait été entendue en janvier sous le régime de la garde à vue, puis libéré sans aucune charge, dans le cadre d'une enquête sur le versement de pots-de-vin au conseil général de Haute-Corse, n'est "qu'un élément" de l'enquête, selon le procureur.M. Giacobbi avait catégoriquement démenti en janvier qu'un ancien directeur du conseil général mis en examen et écroué ait versé des pots-de-vin à deux de ses proches, dont M. Domarchi.Déjà proche conseiller de M. Giacobbi au conseil général, M. Domarchi l'avait suivi à la présidence de la CTC à Ajaccio, après la victoire de la gauche aux élections territoriales de mars 2010.Il avait été mis en cause en janvier par des journaux du groupe Hersant avec un autre conseiller de M. Giacobbi, Dominique Viola. Selon ces journaux, le directeur des interventions sociales et sanitaires au conseil général, Pierre Olmeta, aurait versé des pots-de-vin aux deux conseillers de M. Giacobbi.M. Olmeta a été mis en examen et écroué en novembre aux Baumettes, à Marseille, pour détournement de fonds publics et favoritisme dans le cadre d'une enquête touchant à des marchés publics."S'il y avait eu l'ombre d'un soupçon, cela aurait été vérifié par les équipes d'enquête", avait déclaré M. Giacobbi concernant MM. Domarchi et Viola, qui avaient été entendus par le juge Charles Duchaine, de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.

 

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