Collée au Monné, la ferme se sent de plus en plus à l'étroit

0 21.11.2011 10:06

Jusqu’au 23 avril, vous avez pu retrouver dans « Le Maine Libre » celles et ceux qui font vivre Allonnes. Christian Belland est l’un des deux derniers agriculteurs sur la commune. Il exploite sa ferme près du Monné depuis 33 ans. Mais ne se fait guère d’illusion sur sa disparition au profit de la zone industrielle.Sylvie pose un tirage photos de verts pâturages, sur la toile cirée de la table de la cuisine. « Ça, c’était il y a un an. » Désormais, de l’autre côté de cette route de la Hargangère, s’étend la zone d’activité du Monné et tout en face l’usine Deutsch. À la ferme du Carrefour, l’ambiance n’est plus aux projets. Natif de Saint-Georges-du-Bois, Christian Belland, 53 ans, a repris cette exploitation laitière en 1978. À l’époque, « il n’y avait que des fermes aux alentours ». Notamment celle des parents de Sylvie, qu’il rencontre et épouse en 1984.Le couple s’installe alors durablement, avec leurs deux filles. Prudente, l’épouse choisit un métier hors de la ferme : ce sera dans le secteur bancaire. Christian, lui, se lance dans l’élevage de poulets. « Dès le premier jour j’ai compris que c’était une erreur, mais c’était lancé », confie-t-il. Et pour vingt ans, le temps de rentabiliser l’outil. Aujourd’hui, les deux bâtiments servent d’étable aux 45 vaches allaitantes.Des projets, l’agriculteur en a développés. Depuis quatre ans, il fait de la vente directe de viande bovine à la ferme (1). Mais ne se projette pas au-delà. Récemment, « la ferme en face a été vendue ». Même si ses terres toujours sont exploitées, le signal envoyé n’est guère encourageant.Pour Christian, « ici la boucle est bouclée ». Il n’y a plus d’avenir pour sa ferme et ses 85 hectares. « Il faudrait qu’ils nous laissent une dizaine d’années devant nous… » De quoi terminer son activité professionnelle. « À 53 ans, il n’est pas envisageable de changer d’exploitation », enchaîne Sylvie, « à moins de la transmettre ensuite. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. » Quant au projet de faire un gîte rural à la ferme, « là, à côté d’une usine, ce n’est pas concevable… Y’a 600 voitures, sur le parking. Le matin, dès 5 h 30 c’est le défilé. Nous, on n’est pas habitué à ça. »Trop bête, « parce qu’on est bien, là ». Avec la dizaine de voisins, « il y a une vraie vie de quartier, dans un esprit village, avec une vraie solidarité. On sait qu’on peut compter sur l’autre. » L’avancée de la zone d’activité mine aujourd’hui le moral. « J’ai l’impression qu’on est venu prendre notre intimité », résume Sylvie. Christian, lui, n’a plus d’illusion : « Après nous, il n’y en aura plus, d’agriculteurs, à Allonnes. Ça, c’est à peu près certain. »Ronan LE MONNIER(1) sccs.belland@wanadoo.fr ou 06-36-16-03-58.

 

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