Colette Renard: chanteuse réaliste, parfois libertine

0 18.11.2011 09:21

Les Ponts de Paris, Pigalle, Ménilmontant, Colette Renard, décédée mercredi à l'âge de 86 ans, les avait tous chantés dans la pure tradition réaliste d'après-guerre et mis aussi son impeccable diction au service d'un répertoire libertin.De sa voix mutine, elle avait enregistré plus de 52 albums et de très nombreux 45 tours, tous d'immenses succès populaires, avant d'être éclipsée à la fin des années 50 par la vague yéyé.Chanteuse mais aussi comédienne, l'inoubliable interprète d'Irma la Douce tournait jusqu'à l'an passé dans le feuilleton "Plus belle la vie".Selon l'Agence artistique Adéquat, qui a annoncé son décès, Colette Renard a succombé à une longue maladie.Son répertoire léger et ses "Nuits d'une Demoiselle" venaient d'être remis au goût du jour cette rentrée, grâce à l'interprétation coquine de la comédienne Clotilde Courau, princesse de Savoie, sur la scène du Crazy Horse à Paris.Née Colette Raget le 1er novembre 1924 à Ermont (Val d'Oise), d'une mère couturière et d'un père ébéniste, Colette Renard est élevée dans le Montmartre populaire qui servit si souvent de cadre à ses chansons : elle étudie le violoncelle et le chant classique, apprend la dactylo chez Pigier et commence à chanter le soir à l'ABC.Sa carrière d'artiste commence lorsqu'elle rencontre le compositeur et chef d'orchestre Raymond Legrand, qui sera son second mari et son pygmalion. Il lui écrit notamment la chanson "L'arbre et l'Homme" qui lui vaut le prix Brassens à Deauville, à l'été 1956.Soucieuse de la mélodie autant que du texte, Colette Renard a, dans la lignée de Cora Vaucaire ou de Juliette Gréco, enregistré un répertoire de quelque 900 chansons, tendres ou coquines, signées Marguerite Monnot, Gilles Vigneault, Michel Rivgauche.Beaucoup chantent Paris, ses ponts, ses faubourgs populaires - "Paris, c'est une blonde". D'autres rendent hommage aux mille façons de trouver de la joie, comme la célèbre "Les Nuits d'une demoiselle" ou la version rose bonbon de la comptine "Ah vous dirais-je maman".Mais le triomphe, elle l'obtient en interprétant plus de mille fois dans le monde entier le personnage d'Irma la Douce, dont le rôle avait été d'abord vainement proposé à Juliette Gréco et à Colette Deréal.Cette opérette d'Alexandre Breffort mise en musique par Marguerite Monnot, créée en 1956 à Paris, sera reprise ultérieurement à Londres et à New York.Lui rendant hommage, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand a salué mercredi "l'une des interprêtes les plus originales, les plus audacieuses, parfois les plus impertinentes" de la chanson française.Dans les années 60, la vague yéyé éloigne la chanteuse du music-hall qui tourne alors pour le cinéma et la télévision : "Le Dos au mur", d'Edouard Molinaro en 1958, "Un roi sans divertissement" (1963) face à Charles Vanel, puis "IP 5" avec Yves Montand...Les plus jeunes la connaissaient comme "Rachel", la mamie idéale rescapée des camps de concentration du feuilleton "Plus belle la vie", qu'elle avait rejoint en 2004 et pour lequel elle tourna cinq ans durant, avant d'abandonner en 2009 par lassitude : "Je la connais par coeur", expliquait-elle alors.Chargée de récompenses et d'honneurs - chevalier de la légion d'Honneur, Officier des Arts et des Lettres, Grand Prix de l'Académie Charles Cros ...- Colette Renard avait encore retrouvé son public en 1998 pour un tour de chant à Paris. La même année, elle avait publié son autobiographie, "Raconte-moi ta chanson" puis, en en 2006, "Ceux qui s'aiment : Bloc-notes".

 

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