Chili: la tension monte à l'approche imminente du sauvetage des mineurs

0 21.11.2011 10:35

La tension montait lundi à l'approche du sauvetage des mineurs bloqués depuis deux mois dans une mine du Chili, qui pourrait désormais débuter dès mardi minuit (mercredi 03H00 GMT) après l'essai réussi de la nacelle de secours, selon le ministre des Mines.Le succès de ces tests à vide, jusqu'à 610 m de profondeur, avec la nacelle qui remontera les 33 mineurs un par un, confirme que les opérations de secours continuent de progresser un peu plus rapidement que prévu."Nous espérons commencer le processus de sauvetage a partir de mercredi, à 00H00", a déclaré le ministre Laurence Golborne à la presse aux abords de la mine San José (nord), où les 33 mineurs sont pris au piège depuis un éboulement survenu le 5 août.Sous terre, les mineurs ne cachent pas leur impatience."Il est anxieux à l'approche du jour de la sortie, comme tous ses camarades. Ils prient beaucoup pour évacuer la tension," a déclaré à l'AFP Alberto Segovia, qui a parlé samedi par visioconférence à son frère Dario Segovia.Mario Gomez aussi "est nerveux en raison de ce qu'ils sont en train de vivre. Il y a un mélange d'émotions très fortes en bas, beaucoup d'angoisse et de joie", a témoigné Rossana Gomez.Pour pouvoir débuter le sauvetage, l'équipe technique doit encore installer les grues, les treuils et les poulies, nécessaires pour tracter la nacelle métallique de 53 cm de diamètre.La remontée des "33" prendra "de l'ordre de 48 heures", à raison d'une heure ou un peu plus pour remonter chaque mineur, a confirmé M. Golborne.L'idée de prendre place dans l'étroite nacelle donne des sueurs froides à certains mineurs."Il est très heureux, mais il a peur de la capsule, il est devenu très nerveux", a raconté à l'AFP Clarina Segovia, soeur de Victor Segovia."Il ne veut pas être le premier, parce qu'il a peur. Personne ne veut être le premier. Imagine-toi monter 700 mètres", explique Alberto Segovia, frère de Dario Segovia.Pour se préparer au stress physiologique de la remontée, les mineurs sont soumis à des tests physiques. "Il s'agit d'un effort modéré, comparable au type de stress qu'ils vont subir dans la nacelle", a expliqué le médecin sportif Jean Romagnoli, qui les suit depuis l'extérieur."Il ne devrait pas y avoir de problème imprévu pendant l'ascension", a-t-il ajouté.L'ordre de remontée des 33 mineurs - 32 Chiliens et un Bolivien - "ne sera pas rendu public", a précisé M. Golborne.La méthode est cependant déjà définie: d'abord les plus habiles, capables de faire face à un imprévu, ensuite les plus faibles et enfin les plus forts, capables de gérer une attente prolongée.Deux experts en sauvetage minier et deux infirmiers de la Marine descendront dans la mine et confirmeront l'ordre de sortie, en fonction de la condition physique de chacun.Malgré la tension, les mineurs restent "très soudés", selon Alberto Avalos, oncle des mineurs Florencio et Renan Avalos."Personne ne souhaite sortir en premier ou en dernier. Ils veulent sortir ensemble", a-t-il ajouté. Les "33" subiront un examen médical dès leur remontée à la surface et pourront rencontrer une première fois leur famille proche, avant d'être transférés dans un hôpital de Copiapo, à moins d'un quart d'heure d'hélicoptère, où ils séjourneront deux jours, sauf complication. Ils poursuivent aussi leur entraînement avec un journaliste membre d'une agence veillant sur la sécurité des secours, Alejandro Pino: il leur pose des questions "compliquées et indiscrètes", pour les préparer à affronter la pression des médias à leur sortie.Certains mineurs préparent déjà les réjouissances des retrouvailles: Esteban Rojas a chargé son voisin et ami de longue date Luis Galleguillos de "lui préparer une grande fête", a confié à l'AFP ce dernier, qui a prévu de fermer toute la nuit la rue où ils habitent.

 

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