Chili : activités et réconfort pour les mineurs s'organisent pour tenir dans "l'enfer"

0 21.11.2011 09:58

Programme d'activités au fond de la mine, va-et-vient de lettres, les autorités chiliennes cherchaient mercredi à donner aux 33 mineurs piégés sous terre la force d'attendre les trois ou quatre mois prévus avant qu'on puisse les extraire de leur "enfer". Les familles des hommes bloqués à 700 m sous terre depuis 20 jours dans la mine de cuivre et d'or de San José (nord) ont reçu un premier "retour" de courrier du fond de la mine, après les missives d'encouragement envoyées aux hommes quelques heures plus tôt."Je lui avais écrit que c'était un miracle", a expliqué à la presse Carmen, épouse du mineur Juan Illanes. "Et il m'a répondu +tu as raison, c'est un miracle. Et nous devons l'apprécier en rendant grâce à Dieu+".Parallèlement à la correspondance, s'installait pour les mineurs "une routine de travail par rotations diurne et nocturne, de jeux, d'évaluation médicale, de gestion sanitaire, de gestion des déchets ou des vêtements qu'on enverra pour éviter l'infection", a déclaré le ministre de la Santé Jaime Manalich.Les mineurs ont déjà reçu par la sonde de 700 m des thermomètres, tensiomètres, kits d'analyse d'urine, de poids."Nous devons nous imaginer qu'ils vont recevoir une visite médicale tous les jours et établir des règles nutritionnelles et cliniques pour chacun d'entre eux", a précisé le ministre.Ils ont aussi reçu en "repas" une soupe concentrée de moins d'un demi-litre, saveur chocolat ou framboise, à ingurgiter lentement : 10 centilitres toutes les six heures. Ils n'auront pas droit à des aliments solides avant encore trois-quatre jours.L'équipe de surface a demandé aux mineurs de dessiner une carte précise de leur environnement pour l'utiliser au mieux, voire prélever de l'eau de ruissellement.Mais les 33 mineurs, dont le moral spectaculaire avait été salué ces jours derniers, ont donné mardi soir un aperçu de leur détresse, dans un dialogue par radio-téléphone avec le président Sebastian Pinera. Que le Chili "fasse l'effort nécessaire pour nous sortir de cet enfer", a demandé Luis Urzua, qui se présente comme leur chef de quart."Monsieur le président, nous avons besoin que vous soyez forts, qu'on nous porte secours au plus vite, et qu'on ne nous abandonne pas", a poursuivi Urzua, d'une voix calme et résolue, tout en réaffirmant que "les 33 vont bien".Selon les secouristes, il faudra trois à quatre mois pour extraire les hommes, une fois qu'un puissant excavateur aura percé un conduit de 66 cm de diamètre d'où les hommes seront extraits, un à un.La durée de l'opération n'a "pas encore été communiquée" aux mineurs, a rappelé Manalich, convaincu pourtant, d'après les échanges, que les "mineurs comprennent que la tâche sera longue". "Nous leur expliquerons peu à peu où nous en sommes", a-t-il assuré.Le forage ne devait pas commencer d'ici à dimanche aux abords de San José, où le socle de béton sur lequel reposera l'excavateur était en train d'être coulée.En surface, les familles s'organisaient pour pallier le manque de revenus, d'autant que le groupe chilien propriétaire de la mine, San Esteban, a dit ne pas savoir s'il pourrait verser les salaires des mineurs.Conseillées par des municipalités minières de la région, elles vont réclamer des droits exclusifs sur des expressions liées au calvaire des mineurs, déjà passées dans le langage courant."Camp Espoir", le site où sont installées les familles, ou "Nous allons bien, les 33 dans le refuge", les premiers mots griffonnés par les mineurs et ramenés du fond dimanche, seront bientôt des marques déposées, selon Brunilda Gonzalez, maire de Caldera, citée par El Mercurio.

 

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