Bûche piégée : la vacherie de trop

0 21.11.2011 10:08

Chez ces gens-là, monsieur, on ne cause pas, on règle ses comptes. Brel aurait pu le dire comme ça. À chacun ses armes : la procédure d’un côté, les vacheries de l’autre. On pourrait se croire dans un roman de Marcel Pagnol, ou une nouvelle de Maupassant. Nous sommes à Chahaignes en 2010.Bûche piégée, agression à la tronçonneuse, mais aussi vols en tout genre et dégradations multiples ; on a peine à le croire. À l’ombre de la forêt de Bercé toute proche, les querelles intestines vont loin, très loin, trop loin. « Au bout d’un temps, ça suffit ! », lâche Michel. « On passe notre temps à ça. » Réparer la porte du hangar qui a été forcée, chercher en vain des outils qui se sont mystérieusement volatilisés, porter plainte.À la gendarmerie, on connaît bien les frères Manceau, qui ont obtenu une première fois gain de cause pour l’agression à la tronçonneuse, heureusement sans conséquence. « J’étais en train de faire du bois dans le verger derrière ma maison, quand il est venu m’agresser avec ma propre tronçonneuse électrique », raconte Raymond, 65 ans. C’était en février 2007. L’homme en question a été condamné, par le tribunal correctionnel du Mans, pour violence avec arme, à payer 850 € au titre du préjudice. Mais, au lieu de s’arranger, les choses ont empiré depuis.« On na ta peau »Mai 2009. C’est l’explosion à la bûche piégée. L’insert de la cheminée part en éclats. « Je venais d’allumer le feu, j’étais à un mètre à peine, cela aurait pu être grave », raconte Raymond. Pendant ce temps, le frangin Michel découvre cette inscription sur la porte de son hangar « On na ta peau » et des flèches marquées à la peinture sur le sol pour mieux montrer où l’on est passé.« On pourrait en faire un film », sourit Michel. « On rigole, on rigole, mais ce n’est pas drôle. » Comment réagir devant un tel acharnement, une telle imagination au service de la vengeance. Mais, au fait, pourquoi ? Une histoire de terres, de jalousie, nous répond-on.Agacés, les frères Manceau n’ont pas peur. « La peur, la peur, vous nous faites rire, on n’a pas le temps d’avoir peur. Il ne faut pas en avoir peur », disent-ils. Ce sont les meilleurs ennemis du monde.Natacha LONGERAYLire : «Un Sarthois piège une bûche pour régler un différend»

 

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