Bouches-du-Rhône: nuit de vigilance après le premier gros incendie de l'été

0 21.11.2011 09:56

Les pompiers s'apprêtaient à surveiller toute la nuit de dimanche à lundi une zone de 900 hectares incendiée dans les Bouches-du-Rhône, le feu, maîtrisé, n'étant pas éteint par endroits et risquant de repartir avec le vent."On a effectué des reconnaissances aériennes avant la tombée de la nuit, il y a encore des zones qui nous embêtent car elles sont inaccessibles, alors que le vent s'est renforcé dans la soirée", a déclaré à l'AFP vers 22H00 le lieutenant-colonel Vincent Honoré, en charge des opérations de secours. Une centaine d'engins et de 300 à 400 pompiers étaient encore mobilisés. "On est en train de répartir les engins sur le périmètre, en les écartant pour couvrir le maximum de la zone", a ajouté l'officier.L'incendie d'origine criminelle, qui s'est déclaré vers 21H00 samedi soir sur la commune de Châteauneuf-les-Martigues près de l'étang de Berre, ne menace plus directement d'habitations. La zone qui préoccupe les pompiers est située sur le flanc droit de l'incendie, entre Saint-Julien-les-Martigues et Sausset-les-Pins, un secteur vallonné qui a vu des reprises sporadiques. Les soldats du feu se sont efforcés toute la journée de se frayer un chemin à travers les broussailles et d'y acheminer des tuyaux pour noyer les dernières braises.L'origine criminelle de l'incendie a été confirmée avec la découverte d'un véhicule 4x4 de luxe au milieu du massif sur une voie qui n'était pas ouverte à la circulation.Selon une source proche de l'enquête, confiée au commissariat de Martigues et à la Sûreté départementale par le parquet d'Aix-en-Provence, cette voiture avait été volée dans la nuit de vendredi à samedi chez un particulier. La piste privilégiée est celle d'une panne ayant conduit les cambrioleurs à abandonner le véhicule en le brûlant.Le feu, qui s'est déclaré samedi vers 21H00 à Châteauneuf-les-Martigues, était visible depuis Marseille à une quinzaine de km de distance, attisé par le mistral soufflant jusqu'à 90 km/h. Il n'a pas fait de gros dégâts, détruisant un cabanon et léchant le toit de maisons isolées sur les hauteurs de Carry-le-Rouet.Plus de 750 hommes et 130 engins ont été mobilisés. Les largages aériens, interrompus samedi à la tombée de la nuit, ont repris dimanche avec notamment quatre Canadair.Dans la nuit, colorée de lueurs rougeâtres, les pompiers avaient concentré leurs efforts sur les zones péri-urbaines. A Sausset-les-Pins, les flammes se sont approchées à quelques dizaines de mètres des premières maisons, a constaté une journaliste de l'AFP."On a vécu une mauvaise aventure, avec tout ce que cela peut comporter de stress et de larmes", a commenté un propriétaire, Franck Jaillet, dimanche au lever du jour, sous une pluie de cendres et dans une atmosphère difficilement respirable."Sur ces communes de la côte Bleue, c'est un drame", a souligné le maire de Sausset, Eric Diard. "Elles avaient déjà été touchées (par des incendies) dans les années 1970-80. Depuis, la nature avait repris ses droits".A Carry, la direction d'un camping a fait évacuer par précaution ses 2.000 occupants, dont certains ont été hébergés dans un gymnase."On était à table, on a commencé à voir de la fumée blanche, puis noire, on a vraiment été surpris, on a eu peur. On nous a dit: +faites vos valises+", a raconté Cindy Bertrand, originaire de l'Ain. Les vacanciers ont pu réintégrer les lieux dimanche matin.C'est le premier gros incendie de l'été en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il y a un an, 1.100 hectares de végétation avaient été dévastés aux portes de Marseille et plus de 6.000 avaient brûlé en Corse.

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