Blocages de prisons pour saluer l'arrivée du nouveau ministre de la Justice

0 21.11.2011 09:40

Plusieurs prisons ont été bloquées en France lundi par leur personnel appelé à une journée d'action pour réclamer plus de moyens, revendication que les syndicats pénitentiaires comptent porter auprès du nouveau ministre de la Justice, Michel Mercier."C'est un premier coup de semonce pour le ministère de la Justice. Il faut revoir à la hausse le budget alloué aux prisons", a déclaré Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT-Pénitentiaire.Une nouvelle journée d'action est prévue le 24 novembre par une "entente syndicale" FO-CGT-CFDT-Snepap/FSU, dont ne fait toutefois pas partie le principal syndicat de surveillants, l'Ufap/Unsa.Lundi, plusieurs dizaines d'établissements pénitentiaires, sur les quelque 200 que compte le territoire, ont été affectés à des degrés divers par le mouvement de protestation des surveillants.Brûlant par endroits des pneus et des palettes de bois, les manifestants ont bloqué les accès aux prisons de Fleury-Mérogis (Essonne), Meaux (Seine-et-Marne), Nancy, Vezin (près de Rennes), Saint-Maur (Indre), Moulins-Yzeure (Allier), Muret et Seysses (Toulouse), perturbant notamment les "extractions" de prisonniers censés comparaître en justice.Certains ont été délogés par les forces de l'ordre, à l'aide de gaz lacrymogènes mais sans violences.A Fleury-Mérogis, des surveillants bloquaient de nouveau en début de soirée les accès à la maison d'arrêt, à l'aide de quatre barrages dressés sur la route menant à la prison.Des "filtrages", rassemblements ou distributions de tracts avaient aussi été signalés lundi matin à Fresnes, Caen, Amiens, Laon, Loos, Liancourt, Gradignan, Mauzac, Poitiers-Vivonne, Pau, Guéret, Lannemezan, Albi, Béziers, Carcassonne, Perpignan, Epinal, Colmar, ainsi qu'à la prison des Baumettes à Marseille."Nous voulons bien remplir notre mission", mais "il faut nous donner les moyens nécessaires", expliquait Nicolas Nisus, secrétaire de la CGT à Meaux.A Fleury, "on compte un surveillant pour 80 à 90 détenus, alors qu'il en faudrait un pour 40 à 50", déplorait aussi sur place Céline Verzeletti.Nancy devait être "le fleuron des nouvelles prisons, or, ça ne marche pas, (... c'est) une hérésie, nous avons par étage 60 détenus et un seul agent", affirmait le délégué régional CGT Eric Schmitt.Outre un manque chronique d'effectifs, les syndicats estiment que de nouvelles missions dévolues aux services pénitentiaires (transfèrement de prisonniers, sécurité des audiences...) ne s'accompagnent pas des moyens supplémentaires nécessaires."On vient rajouter une couche sur le millefeuille des missions mais, à la fin, le gâteau devient indigeste", selon René Sanchez, secrétaire général adjoint de FO-Pénitentiaire.Reçus début novembre à la Chancellerie, les syndicats estiment ne pas avoir été entendus et demandent maintenant à être reçus par le nouveau ministre. "Attendons de voir si M. Mercier saura rétablir le dialogue social et ouvrir de réelles négociations", a écrit FO-Pénitentiaire dans un tract.Michel Mercier, ministre sortant de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, a été nommé dimanche ministre de la Justice et va donc succéder à Michèle Alliot-Marie, nommée aux Affaires étrangères.La Chancellerie a dit "entendre les inquiétudes des personnels", tout en rappelant que le budget de l'administration pénitentiaire était un des rares "en augmentation constante depuis huit ans".

 

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