Bettencourt: troisième enquête ouverte, l'ex-comptable fragilisée

0 17.11.2011 17:56

Le parquet de Nanterre a ouvert vendredi une troisième enquête préliminaire sur la tentaculaire affaire Bettencourt, dans laquelle de nouveaux témoignages distillés dans la presse ont fragilisé les accusations de l'ex-comptable de la milliardaire.Après une semaine de rebondissements qui ont ébranlé jusqu'au sommet de l'Etat, Nicolas Sarkozy s'exprimera lundi pendant une heure sur France 2 pour répondre "à toutes les questions d'actualité", selon la chaîne.La nouvelle enquête préliminaire doit porter sur le "contenu des écoutes" pirates réalisées chez Mme Bettencourt et révélées par Médiapart et Le Point mi-juin, selon une source judiciaire.Ces enregistrements, dont le parquet vérifie toujours l'authenticité, suggèrent d'éventuels faits de blanchiment de fraude fiscale commis par l'entourage des Bettencourt. Ils laissent supposer un éventuel conflit d'intérêts entre les fonctions de Florence Woerth, qui a travaillé pour la société Clymène gérant une partie de la fortune de Mme Bettencourt, et celles de son mari, Eric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de l'UMP.Vendredi, les policiers de la Brigade financière ont perquisitionné les sièges des sociétés Thétys et Clymène, structures gérant les actifs Bettencourt, ainsi que le domicile du gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, à Paris XVIe. Les perquisitions étaient terminées en début de soirée, selon une source proche de l'enquête.Ces perquisitions interviennent au lendemain d'une confrontation entre le gestionnaire de fortune et l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, qui ont chacun campé sur leurs positions.Mme Thibout a certes assuré n'avoir jamais dit aux journalistes de Médiapart "que des enveloppes étaient remises régulièrement" à Nicolas Sarkozy lorsqu'il était maire de Neuilly entre 1983 et 2002. Mais elle a maintenu ses accusations visant M. de Maistre, rejetées par ce dernier.Selon elle, il lui avait bien demandé en 2007 d'effectuer un retrait de 150.000 euros qu'il destinait à Eric Woerth, trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy.Confrontée jeudi dans les locaux de la police à la banquière chargée du compte de Mme Bettencourt à BNP Paribas, Mme Thibout s'est dite "certaine d'avoir appelé (la banquière) dans le cadre de cette demande de M. de Maistre", selon des extraits d'audition publiés par le Figaro.fr.Une thèse réfutée par la banquière qui a assuré aux enquêteurs, selon ce site, n'avoir "jamais eu Mme Thibout au téléphone pour une demande de dépassement" du montant de 50.000 euros qu'elle était autorisée à retirer "que ce soit en mars 2007 ou à une autre date".Le démenti de la banquière de BNP Paribas fragilise un peu plus les déclarations de Mme Thibout, devenue la "femme à abattre" selon son avocat, Me Antoine Gillot.Lors de sa confrontation avec M. de Maistre, l'ex-comptable avait réaffirmé qu'il envisageait de puiser dans un compte en Suisse pour réunir la somme destinée à M. Woerth. "C'est un pur mensonge. Je ne m'occupais pas des comptes en Suisse de Mme Bettencourt", a rétorqué M. de Maistre, selon un extrait de procès verbal publié cette fois par Le Monde.fr.La majorité, qui avait crié victoire jeudi après la fuite de plusieurs PV contredisant l'interview de Médiapart, a continué vendredi à se saisir de ces contradictions pour s'en prendre à la presse. En déplacement à Zagreb, le Premier ministre, François Fillon, a ainsi dénoncé "des justiciers auto-proclamés" sans toutefois citer de journalistes ou des titres en particulier.L'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, a pris au contraire la défense de la presse dans cette affaire, jugeant vendredi "tout à fait dommageables les critiques intempestives" qui lui sont faites.

 

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