Bébé congelé dans l'Aude: la mère mise en examen pour infanticide

0 21.11.2011 13:33

Le bébé retrouvé dans un congélateur dans l'Aude était-il vivant ou mort à la naissance ? L'enquête devra déterminer les causes du décès et une éventuelle responsabilité de la mère de 34 ans, en plein déni de grossesse et mise en examen mardi pour infanticide.La jeune femme a été présentée à un juge de Narbonne pour homicide volontaire sur mineur de 15 ans (pour infanticide en d'autres termes), et assignée à résidence chez un proche, a indiqué le procureur de Carcassonne, Francis Battut.Elle devra porter un bracelet électronique pour que ses déplacements soient surveillés, mais aussi se prêter à un suivi psychologique.Le procureur a souligné que l'ouverture d'une information judiciaire ne préjugeait pas de la culpabilité de la jeune femme et que l'instruction devrait établir les circonstances du drame.L'autopsie pratiquée par deux légistes à Carcassonne n'a pas permis de dire si l'enfant était né mort ou vivant, ni de déterminer les causes de la mort, et d'autres expertises sont nécessaires, a déclaré le procureur à la presse. Selon l'examen médico-légal, le bébé de sexe masculin pesait 2,1 kg et avait entre 37 et 39 semaines.Si l'enfant était déjà mort à la naissance, il n'y a pas d'infraction pénale, a-t-il expliqué.Le corps de l'enfant ne portait en tout cas aucun signe de violences.Des examens complémentaires sur les poumons diront si l'enfant a respiré à la naissance. Le résultat des expertises devrait être connu dans une dizaine de jours et il s'annonce déterminant, selon le procureur.La mère, qui s'est dite traumatisée, soutient qu'elle ignorait être enceinte, qu'elle avait d'autant moins de raisons de le croire qu'elle prenait la pilule quand le drame est survenu, début 2010. Elle dit être tombée d'une échelle sur le ventre et avoir été prise de contractions.Selon les déclarations faites aux enquêteurs, l'enfant n'a pas crié à la naissance.C'est son mari qui, plusieurs mois après, a retrouvé le bébé enveloppé dans un sac plastique dans le congélateur de leur maison de Lasbordes, entre Castelnaudary et Carcassonne.La jeune femme s'est présentée dimanche aux gendarmes, accompagnée de son père, de son mari et de son beau-père."Il y a un déni très fort de grossesse, c'est certain", a dit le procureur.Pendant l'accouchement, elle était dans une "incompréhension totale" de ce qui se passait, a dit le commandant de la compagnie de gendarmerie de Castelnaudary, le capitaine Pascal Massa.Selon les premiers éléments de l'enquête, "on est plus dans un drame social que dans le criminel", a-t-il dit.Le couple, décrit comme sans problème par le maire du village, a un enfant de 15 mois, et un autre de 9 ans, d'une relation antérieure du père.La jeune femme, sans emploi, aurait cependant connu une jeunesse difficile.Selon le médecin toulousain Felix Navarro, président de l'Association française du déni de grossesse, en congelant son bébé, la jeune femme a inconsciemment reproduit un geste de conservation très ancien chez les mères dans sa situation, le temps de surmonter son déni de grossesse.Il avance le chiffre de 300 à 350 dénis de grossesse par an et souligne qu'ils sont rarement tragiques.Mais il dit aussi qu'une femme peut ne pas savoir qu'elle est enceinte et même, contrairement à une idée bien ancrée, qu'elle peut avoir ses règles pendant sa grossesse, surtout si elle prend la pilule.Le 6 juin déjà, un nouveau-né avait été découvert mort et lui aussi soigneusement emballé dans un congélateur à Metz. Vis-à-vis de cette autre mère, le parquet de Metz a opté pour une autre stratégie judiciaire et n'a toujours pas ouvert d'information judiciaire.

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