Bahreïn: l'opposition aborde avec prudence le dialogue avec le régime

0 21.11.2011 13:33

L'opposition bahreïnie a annoncé dimanche aborder avec prudence le dialogue avec le prince héritier sur des réformes politiques et continue de poser comme préalable la démission du gouvernement responsable selon elle de la répression sanglante de la contestation populaire.Sur le terrain, des milliers de protestataires affluaient sur la place de la Perle, au centre de Manama, reconquise samedi après le retrait de l'armée et de la police, et où des syndicats envisagent d'organiser un rassemblement dans l'après-midi."Le gouvernement qui n'a pas pu protéger son peuple doit démissionner et les responsables du massacre doivent être jugés", a déclaré à l'AFP Abdel Jalil Khalil Ibrahim, chef du bloc parlementaire du Wefaq, principal mouvement de l'opposition chiite."L'opposition ne refuse pas le dialogue" proposé par le prince héritier, cheikh Salman Ben Hamad Al-Khalifa, "mais réclame une plate-forme qui favorise le dialogue", a-t-il ajouté.Le prince héritier a proposé le dialogue après la mort de six protestataires, tués cette semaine par la police, puis il a ordonné à l'armée de se retirer de Manama et aux forces anti-émeutes de ne pas s'opposer aux manifestants, accédant à deux des revendications de l'opposition, outre la démission du gouvernement.La désignation de cheikh Salman pour mener le dialogue avec l'opposition est "un bon choix", a jugé le chef d'un mouvement de gauche, Ibrahim Sharif, ajoutant toutefois qu'il "ne peut pas prédire s'il s'agit d'une initiative sérieuse de la part du régime ou d'une simple manoeuvre politique"."Nous devons faire preuve de prudence", d'autant que "la famille régnante est divisée sur la manière de gérer les conséquences des derniers événements", a dit M. Sharif, secrétaire général de l'Alliance nationale démocratique. "Sans la présence des représentants de la presse internationale pour couvrir les manifestations à Bahreïn et en l'absence des pressions internationales exercées sur le régime, le clan le plus dur aurait pu avoir le dernier mot", a estimé M. Sharif."Le prince héritier a pris l'initiative d'arrêter l'effusion du sang et de mettre fin aux massacres, mais d'autres mesures audacieuses sont nécessaires", a déclaré pour sa part Ali al-Assouad, député du Wefaq, citant la démission du gouvernement comme l'une de ces mesures."Le peuple n'accepte pas que l'opposition engage le dialogue avec ce gouvernement", a ajouté M. Assouad à l'AFP, indiquant que ce cabinet "est actuellement dans une position de faiblesse jamais connue depuis l'indépendance", en 1971, de ce pays à majorité chiite gouverné par une dynastie sunnite."Cheikh Salman est confronté à un grand défi: prouver sa capacité à diriger le pays en sa qualité d'héritier du trône", a dit M. Assouad, accusant "certains", qu'il n'a pas nommés, de "ne pas vouloir voir le prince héritier réussir" dans le règlement de la crise actuelle.Il a affirmé que le dialogue n'avait pas encore commencé. "Nous ne sommes pas assis à la table du dialogue avec le prince héritier. Il y a eu des contacts par différents canaux", a-t-il dit.Entre-temps, les mouvements de l'opposition poursuivaient leurs concertations pour "élaborer un document résumant leurs positions", y compris la mise en place d'une commission qui se chargerait de "l'élaboration d'une Constitution à soumettre à un référendum", a-t-il indiqué."Cette fois, l'opposition ne va accepter de simples promesses. Elle exigera une garantie sur l'amendement de la Constitution, qui sera à la base des réformes politiques" que cette opposition exige, a poursuivi l'élu du Wefaq.Profondément inquiet des conséquences de la contestation populaire à Bahreïn, le royaume saoudien a appelé les opposants bahreïnis à accepter le dialogue avec les autorités et rejeté toute ingérence étrangère dans les affaires de ce pays. Les Emirats arabes unis ont lancé un appel similaire.

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