Bahreïn: deux morts dans des heurts, le roi proclame l'état d'urgence

0 18.11.2011 09:14

Deux personnes ont été tuées et 200 blessées mardi à Bahreïn où le roi a proclamé l'état d'urgence au lendemain de l'arrivée de troupes du Golfe venues l'aider à contenir la contestation chiite, dont la présence a provoqué une crise avec l'Iran.Un manifestant a été tué lors d'affrontements avec des forces de sécurité dans le village chiite de Sitra, situé à 15 km au sud de Manama, selon des sources médicales et des militants.Plus de 200 personnes ont par ailleurs été blessées par balle, selon une source médicale locale, et 200 autres hospitalisées après avoir inhalé des gaz lacrymogènes.Un policier est par ailleurs décédé à Maamir, au sud de Manama, après avoir été renversé intentionnellement par un automobiliste faisant partie des "fauteurs de trouble", selon le ministère de l'Intérieur."En raison des circonstances que traverse Bahreïn (...) le roi, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, a proclamé l'état d'urgence pour une période de trois mois", a indiqué un communiqué officiel.Le roi a chargé le commandant des forces armées de rétablir l'ordre en faisant appel à l'armée, aux forces de police, aux unités de la Garde nationale et à "toute autre force, si cela s'avère nécessaire".Cette dernière mention semble faire référence aux unités saoudiennes et aux policiers des Emirats arabes unis déployés à Bahreïn.Les troupes déployées appartiennent au "Bouclier de la péninsule", une force commune aux pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït).Malgré la proclamation de l'état d'urgence, des milliers de manifestants chiites se sont rassemblés devant l'ambassade saoudienne pour dénoncer l'intervention militaire de ce pays. "Bahreïn libre, les troupes du +Bouclier de la péninsule+ dehors", criait la foule.Sur le plan diplomatique, Bahreïn a annoncé avoir rappelé son ambassadeur à Téhéran pour protester contre les critiques iraniennes sur le déploiement de forces du Golfe pour contenir la contestation contre la dynastie sunnite."L'ambassadeur de Bahreïn à Téhéran a été rappelé pour consultation", a indiqué un porte-parole du ministère bahreïni des Affaires étrangères après avoir longuement dénoncé les critiques iraniennes."Bahreïn condamne avec force la déclaration iranienne qui est une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures. Il la rejette dans sa totalité y voyant une menace pour la sécurité de la région", a déclaré Hamad al-Amer, sous-secrétaire au ministère, à l'agence officielle Bna.A Téhéran, le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié l'intervention de forces étrangères à Bahreïn d'"inacceptable" et estimé qu'elle "rendra la situation plus compliquée et plus difficile" à résoudre.L'opposition bahreïnie, dominée par les chiites, et la centrale syndicale du pays ont réclamé une protection internationale et appelé la population à "la résistance pacifique" face à ce déploiement militaire.Parallèlement, des religieux chiites en ont appelé à la communauté internationale et au monde musulman afin d'éviter un "massacre" dans le royaume.La contestation a démarré le 14 février à Bahreïn et avait fait à ses début sept morts parmi les manifestants.Au Caire, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé les autorités de Bahreïn à "prendre des mesures maintenant" pour négocier une solution politique à la crise."Il faut qu'ils prennent des mesures maintenant pour négocier une solution politique", a-t-elle déclaré.Dans le même temps, l'agence de notation Fitch a dégradé la note de Bahreïn de deux crans, de A- à BBB, en raison de "l'augmentation du risque politique dans le pays" ces derniers jours.

 

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