Avignon: "Enfant", une chorégraphie mêlant fragilité et violence

0 21.11.2011 13:33

Neuf danseurs portent des enfants inertes, les roulent au sol, les étreignent, les agitent dans l'immensité de la cour Cour d'honneur du Palais des Papes: "Enfant" du chorégraphe Boris Charmatz, créé spécialement pour ce lieu, mêle fragilité, abandon et violence. Avant de faire ce spectacle auquel participent 27 enfants de 6 à 12 ans, raconte Boris Charmatz à l'AFP, "j'ai eu une sorte de flash en voyant le montage de la cour la nuit". "Parce que la cour se construit la nuit avec une immense grue télescopique qui déplace des bouts de la scène, des bouts des gradins, et qui les fait voler dans la Cour d'honneur", explique-t-il."Quand j'ai vu ce chantier, j'ai vraiment vu de la chorégraphie", assure-t-il.Se souvenant de l'un de ses spectacles, "régi", où "les machines font la chorégraphie" en déplaçant des corps inertes, il décide que des adultes vont "chorégraphier des corps d'enfants".Pour "Enfant", une grue est dressée au dessus d'un vaste toboggan dans l'immensité de la Cour d'Honneur et des corps jonchent le sol: puis les machines s'animent peu à peu dans le grincement des poulies.Un premier corps est transporté, tel un ballot de marchandise, puis un autre pendu par un pied, puis un troisième échoué sur un large tapis roulant qui tente de l'emporter. Les corps se rencontrent, se superposent, se nouent, sont secoués à un rythme de plus en plus frénétique.Puis d'autres danseurs s'emparent de la scène, des enfants inertes dans leurs bras: "Je voulais des enfants endormis pour qu'on danse autour d'eux, qu'on les fasse danser en les portant", assure Boris Charmatz.Ce qui continue de danser malgré tout dans l'enfance et ce qui fait danser l'enfance sont les questions posées autour de cette danse.Sa violence secoue les spectateurs, avant que les enfants ne s'éveillent et courent sur le plateau, puis tentent à leur tour de transporter les adultes étendus sur le sol."Les enfants ont appris à se concentrer. C'est en fait très technique pour eux et pas du tout facile de se laisser faire", commente Boris Charmatz qui a voulu faire de ce spectacle leur aventure.Avant le spectacle, un représentant des artistes a lu au public un texte relevant "l'urgence à se mobiliser" pour défendre le spectacle vivant et la culture. Ce représentant a également invité à défendre le rôle du secteur public et "à remettre en marche une véritable démocratisation culturelle".Il a demandé "un ministère de la culture fort" et appelé à une manifestation, le 14 juillet, en faveur de l'art et de la culture."Nous voulons rêver encore", a-t-il conclu sous les applaudissements nourris des spectateurs, dont une partie s'est levée et tournée en direction du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, présent dans les gradins, en même temps que des "hou" résonnaient.Auparavant, M. Mitterrand s'était rendu dans le village du festival "Off" d'Avignon, qu'il a visité, un fait sans précédent."Je trouve qu'il est naturel que je vienne ici", a-t-il déclaré aux journalistes, s'engageant à le faire chaque fois qu'il se rendrait au Festival d'Avignon.

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