Autorité de régulation: les candidats ne veulent pas venir s’installer au Mans

0 21.11.2011 09:47

L’autorité de régulation, sorte de gendarme du rail chargé de veiller à la libre concurrence sur le réseau ferré, a bien du mal à trouver 60 candidats prêts à venir s’installer au Mans avant le 1er décembre.La vision centralisatrice dans l’organisation de l’Etat a encore de beaux jours devant elle. Bon an mal an, il suffit que l’on annonce l’installation d’un organisme public hors de Paris pour que des boucliers se lèvent. C’est semble-t-il ce qui se passe en ce moment avec l’autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF). François Fillon avait annoncé son installation au Mans, en octobre dernier à l’occasion du congrès des maires de la Sarthe.Depuis, cet organisme a bien du mal à prendre forme. Il y a eu d’abord beaucoup de difficultés à nommer un président. Jacques Barrot, ancien commissaire européen chargé des transports, a décliné l’offre à plusieurs reprises.Après plusieurs mois de recherche de la perle rare, c’est finalement Pierre Cardo, député UMP de Chanteloup-les-Vignes, qui vient d’être nommé par le gouvernement à la tête de l’ARAF. Sa nomination a été publiée au Journal Officiel le jeudi 22 juillet. Sous sa présidence, une soixantaine de personnes seront chargées de faire vivre l’ARAF, au Mans.Et, visiblement, on ne se bouscule pas au portillon. Devant les députés réunis le 7 juillet dernier au sein de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, le futur président l’avait souligné lors de son audition. La perspective de s’installer au Mans ne suscite pas de réel enthousiasme, bien au contraire.« D’ici au 1er décembre, il nous faudra recruter environ soixante personnes, ce qui à mon avis ne sera pas possible, l’implantation du siège au Mans contribuant- si l’on en croit les réactions des premiers candidats- à compliquer les recrutements ». En clair, les candidats ne veulent pas se transformer en « cadre-TGV ».« C’est classique cette opposition Paris et province » rassure le maire du Mans, Jean-Claude Boulard. « La province suscite toujours des interrogations mais je sais que d’une part le Premier ministre est très attaché à ce que cette autorité s’implante au Mans et d’autre part, cette arrivée va consolider l’image ferroviaire du Mans. Cela crée de l’emploi ». Quant aux retards sur le calendrier initial, « l’important, c’est la décision de son implantation » répond Jean-Claude Boulard. « Il y a deux ans, ce n’était qu’une hypothèse. C’est devenu une réalité. Ce ne sont pas des dossiers simples. Pour que la mobilité se fasse, c’est à nous de montrer des solutions ».En tous les cas, les sept « sages » (le président et six membres) qui composeront la future autorité ne prendront pas souvent la direction du Mans. Il a déjà été décidé que les réunions de ce collège devraient se tenir à Paris. Pas forcément le meilleur exemple à donner pour inciter les 60 personnes à rejoindre la cité Plantagenêt.Serge DANILO

 

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