Art contemporain: les surprises de la nouvelle exposition de la Fondation Pinault à Venise

0 21.11.2011 09:26

"Eloge du doute", la nouvelle exposition de la Punta della Dogana à Venise, qui ouvre dimanche au public, ménage d'étonnantes surprises, notamment une installation de l'Américain Edward Kienholz recréant une oppressante maison close des années 1940.Cette présentation d'oeuvres sélectionnées dans la collection du milliardaire François Pinault, propose jusqu'au 31 décembre 2012 un parcours thématique sur la force et la fragilité de la condition humaine.Conçue par la commissaire Caroline Bourgeois, elle va de l'art pur et minimaliste de Donald Judd au coeur enrubanné de Jeff Koons, en passant par les provocations de Paul McCarthy. Au total, dix-neuf artistes sont présentés, dont des valeurs montantes comme Tatiana Trouvé ou Adel Abdessemed.Plusieurs d'entre eux étaient présents vendredi au vernissage pour la presse. A commencer par la star de l'art contemporain Jeff Koons, toujours affable."Je travaille avec des objets et des images de la vie de tous les jours comme des références à l'acceptation de notre environnement", explique l'ex-trader américain devant ses oeuvres faites d'objets gonflables colorés en acier poli. "Une fois que vous avez expérimenté cette acceptation, cela supprime l'anxiété et les jugements à l'égard des gens", poursuit l'ancien époux de la Cicciolina, ex-star du porno.L'artiste d'origine italienne Tatiana Trouvé était là également pour présenter un ensemble de sculptures autour de l'"archéologie du vide".Tout comme Adel Abdessemed, 40 ans, arrivé en France en 1994 pour échapper à la guerre civile en Algérie, et dont l'oeuvre "Taxidermy" résonne comme un long cri sur la noirceur du monde.Mais la pièce maîtresse de l'exposition est sans doute l'installation "Roxys", réalisée en 1961 par l'artiste Edward Kienholz (1927-1994) et qui n'a été présentée que très rarement.Voir l'homme d'affaires François Pinault pénétrer dans cette reconstitution d'un "bordel" pour militaires américains pour expliquer l'oeuvre à quelques journalistes était pour le moins inattendu."C'est une oeuvre très émouvante", relève le collectionneur en s'avançant sur les tapis épais, entre des figures féminines au corps souffrant et mutilé, sur fond de musique de juke-box. "Ces filles attendent encore le Prince charmant", ajoute M. Pinault en désignant une coiffeuse où sont posées de petits personnages représentant des mariés.La salle réservée à l'Américain Paul McCarthy (né en 1945), qui se plaît à se moquer de la société du spectacle, dérange elle aussi. Sur des tables, des personnages hilares à la tête disproportionnée ouvrent grand les jambes.Trois grandes silhouettes de l'artiste allemand Thomas Schütte (né en 1954) frappent également par leur aspect inquiétant et ridicule à la fois. Ces "Efficiency men" (2005) aux jambes en acier et à la grosse tête en silicone coloré errent comme des fantômes pathétiques.La salle consacrée à l'artiste chinois Chen Zhen, décédé d'une leucémie à l'âge de 45 ans, laisse une impression de tristesse. "Cocon du vide", sculpture faite à partir de boulier chinois et de rosaire bouddhiste, enrobant une chaise, a été réalisée en 2000, année de la mort de ce passionné de médecine traditionnelle.Quant à l'Italien Maurizio Cattelan (né en 1960), il participe à l'exposition avec son grand cheval trophée encastré dans un mur mais aussi avec un ensemble de neuf sculptures en marbre posées au sol comme autant de gisants.En fin de journée, le trublion de l'art contemporain était là, prenant des poses devant ses oeuvres, enveloppé dans un grand habit noir.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.