Arnaud Di Pasquale : « Je ne suis pas inquiet pour Tsonga »

0 18.11.2011 09:15

Responsable du haut niveau masculin à la Fédération, Arnaud Di Pasquale revient plus en détails sur le choix de Jo-Wilfried Tsonga de quitter son coach Eric Winogradsky pour une structure individuelle.« Le Maine Libre » : Quelques jours après l’annonce officielle, comprenez-vous la fin de l’histoire entre Tsonga et Winogradsky ?Arnaud Di Pasquale : Franchement, on parle de rupture mais il faut se rendre compte qu’une relation entraîneur - entraîné qui dure 7 ans, c’est très rare dans le sport aujourd’hui. Ils ont été très haut ensemble, ils ont gagné des titres, été en finale d’un Grand Chelem, jusqu’au 6e rang mondial. C’est normal que du coup, alors qu’il est dans une période plus délicate, Jo se sente moins réceptif et qu’il ressente le besoin d’un nouveau discours pour booster sa carrière. C’est humain.Est-ce le bon moment alors que la saison sur terre battue, qui n’est pas sa meilleure surface, débute avec Roland-Garros en point de mire ?C’est comme dans une relation amoureuse, quand on a vécu quelque chose de si fort, est-ce qu’il y a vraiment un bon moment pour une rupture ? Ce n’est jamais facile, c’est même courageux de prendre cette décision. On aurait dit la même chose si cela avait été avant Wimbledon.Et attendre la fin de la saison n’est pas une solution si on ne se sent plus forcément bien. D’autant que pendant ce temps, les autres joueurs vous passent devant et Jo ne peut pas se permettre ça.Il n’a pour l’instant pas annoncé de nouvel entraîneur. Est-ce viable de rester sur le circuit sans coach ?Quelques semaines oui, ça peut même le responsabiliser car il ne faut pas se leurrer, les joueurs se reposent beaucoup sur leur staff, c’est un certain assistanat. L’autonomie peut lui faire du bien mais il ne faut pas que cela dure trop longtemps.Un entraîneur permet de garder la rigueur quotidienne pour rester au haut niveau, donner les coups de pied au derrière quand il le faut. Tsonga avait également annoncé peu de temps auparavant un changement dans son style de jeu. Est-ce vraiment plausible, réalisable ?J’avoue que je n’ai pas vraiment compris. Car quand je vois Jo, je vois toujours un joueur offensif, qui veut aller de l’avant, faire le point tôt dans l’échange. Donc ça, ce n’est pas vraiment une nouveauté. Peut-être veut-il retrouver ce qu’il a un peu perdu depuis quelque temps, notamment à cause des blessures qui l’ont obligé à jouer dans la protection, avec plus de retenue.Il veut pousser ça à outrance mais d’un autre côté, il ne peut pas partir à l’abordage n’importe comment non plus.Peut-on encore espérer retrouver le Tsonga de 2008-2009 et prétendant à la victoire dans les tournois majeurs ?Sans aucun doute. Je ne suis pas inquiet pour ça. Il va nous refaire de belles choses dans l’avenir. C’est une question de confiance. C’est dur de rivaliser avec les meilleurs quand on est constamment embêté par les pépins physiques, même minimes. On perd le rythme, la confiance et ça, c’est essentiel. Regardez Djokovic aujourd’hui. Jo rivalisait avec les meilleurs quand il arrivait à enchaîner les matches comme en 2008 qui était la saison la plus complète de sa carrière.Propos recueillis par Raphaël CAILLAUD

 

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