Annie Girardot: se souvenir des belles choses..

0 21.11.2011 09:33

L'annonce du décès lundi, à 79 ans, d'Annie Girardot a plongé le cinéma français dans la tristesse, bien que la comédienne fût déjà hors du monde depuis plusieurs années, emportée dans les brumes de son Alzheimer.Ses obsèques seront célébrées vendredi à 10H30 en l'église Saint-Roch, la paroisse parisienne des artistes, a-t-on appris mardi dans l'entourage de l'actrice.Annie Girardot sera inhumée ensuite au cimetière du Père Lachaise.Un hommage va lui être rendu par les chaînes de télévision qui ont bouleversé leurs programmes. TF1 programme mardi à 22H55 l'émouvant documentaire "Annie Girardot: Ainsi va la vie", réalisé par Nicolas Baulieu, qui raconte mois après mois le combat de la comédienne contre la maladie d'Alzeihmer. De son côté, France 2 va diffuser à 22h05 le documentaire "Annie Girardot, le tourbillon de la vie", tandis que sur France 3, Frédéric Taddéi évoquera la disparition de l'artiste dans "Ce Soir ou Jamais" à 23h00. Jeudi, France 3 proposera également une soirée spéciale avec un film de la comédienne suivi d'un hommage par Mireille Dumas.L'Académie des Arts et Techniques du Cinéma, qui décerne les César et le Centre national du cinéma (CNC), qui soutient la création, lui ont rendu hommage lundi soir. L'Académie rappelle avec une "très grande tristesse et beaucoup d'émotion" qu'Annie Girardot était "une comédienne unique, une artiste généreuse immensément populaire" au "talent inouï, intense, rare". Eric Garandeau, Président du CNC, évoque une "actrice particulièrement éblouissante, attachante et généreuse (qui) tenait une place unique et irremplaçable dans le coeur des Français.L'actrice qui débuta dans le drame avec "Rocco et ses Frères" pour triompher dans la comédie des années 70 et tourner plus de 120 films, est décédée à 14h25 à l'hôpital Lariboisière à Paris en présence de sa fille et de sa petite-fille, Lola Vogel. "Elle est partie paisiblement. Maman et moi étions à ses côtés", a-t-elle déclaré. Annie Girardot résidait depuis l'été 2009 dans une maison de retraite médicalisée à Paris et avait été transportée à l'hôpital. "Je suis allée l'embrasser une dernière fois dimanche soir", a confié sa proche amie Line Renaud à l'AFP. "Sa fille Julia et sa petite-fille Lola m'avaient appelée pour me dire que c'était la fin. Cela a été réconfortant de la voir entourée de tellement d'amour. J'ai trouvé Annie très paisible", a ajouté la chanteuse et actrice . "Depuis tant d'années, nous avions une grande complicité. En 1995, on avait tourné +Les Filles du Lido+: depuis, on se surnommait +Les Gourdasses+ en souvenir du tournage", s'est-elle souvenue. "Annie était un monument du cinéma français, une immense actrice, très instinctive et toujours juste. Son départ est bouleversant". Le mal qui la rongeait fut révélé au public en 2006 par ses proches: l'actrice en était devenue un symbole, après avoir accepté de se faire filmer pour le documentaire "Ainsi va la vie", de Nicolas Baulieu.Née le 25 octobre 1931 à Paris dans un milieu très populaire - sa mère était concierge - elle avait d'abord suivi une formation d'infirmière, avant de suivre les cours du conservatoire de Paris: premier prix de comédie, elle avait intégré la Comédie Française en 1954 pour la quitter trois ans plus tard.Elle débuta au cinéma dans "Treize à table" d'André Hunebelle en 1955, puis rejoignit les plateaux de Visconti, en 1960, pour son premier grand rôle de tragédienne dans "Rocco et ses frères", avec Alain Delon et l'acteur italien Renato Salvatori - son futur mari et père de sa fille Giulia.De 1960 jusqu'à la fin des années 80, elle allait enchaîner plus de 120 films - rien que pour le grand écran.En 1965, elle s'était tournée vers la comédie avec "Déclics et des claques", de Philippe Clair "et s'était follement amusée", se souvient-il.De "La Zizanie" à "Docteur Françoise Gailland", elle savait faire rire et toucher aussi, avec des drames qui comme "Mourir d'Aimer" parlait de la vie, de l'amour, de la société et fut un temps "l'actrice numéro 1" du cinéma français, rappelle Bertrand Blier, qui l'avait dirigée dans "Merci la vie" en 1990.Pour le grand public, la dernière apparition mémorable de cette actrice vive, à la voix rauque et aux taches de rousseur, remontait à 1996: une apparition poignante, le visage baigné de larmes, pour recevoir son César du meilleur second rôle féminin dans "Les Misérables", de Claude Lelouch.Annie Girardot, en petite robe noire, revenait - déjà - d'une longue absence des écrans et lançait, son trophée en main, comme une revanche: "Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais à moi, le cinéma français a manqué follement... éperdument... douloureusement. Et votre témoignage, votre amour, me font penser que peut-être, je dis bien peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte".Bouleversée, la salle entière s'était levée pour lui rendre un long hommage."Elle était tellement drôle et douloureuse à la fois... Pleine d'émotion et de souffrance", note Bertrand Blier. Le réalisateur a "regretté d'avoir tellement attendu pour la contacter", lui qui l'avait tellement admirée dans "Rocco et ses frères".Sa dernière apparition à l'écran remontait à 2007.Preuve de son impérissable popularité, moins d'un quart d'heure après l'annonce de son décès, une page Facebook "Hommage à Annie Girardot" était créée et recueillait de nombreux commentaires d'adieu: "Ne pleurons pas parce qu'elle n'est plus; réjouissons-nous parce qu'elle a été", notait l'un.A l'annonce de sa mort, les éditions du Cherche-Midi ont annoncé la réédition de ses mémoires, "Partir, revenir, les passions vives", qu'elle avait livrées avec émotion et dérision en 2003.

 

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