Alliot-Marie à la peine, enlisée dans la polémique sur ses vacances tunisiennes

0 21.11.2011 10:00

Enlisée dans la polémique sur ses vacances tunisiennes, Michèle Alliot-Marie était toujours à la peine lundi, contrainte de rectifier ses propres déclarations et justifications, sans parvenir à calmer les critiques.Depuis une semaine, le scénario se répète à peu près chaque jour avec dans un premier temps une déclaration, suivie le lendemain de rectifications ou précisions de la ministre des Affaires étrangères.Dernier exemple: le plaidoyer lundi de Michèle Alliot-Marie, affirmant "qu'on est ministre 24 heures sur 24 et 365 jours par an".Manière de corriger les explications qu'elle avait données samedi sur les conditions de son séjour tunisien, en fin d'année, avec son compagnon le ministre Patrick Ollier, alors que la révolution du Jasmin avait débuté."Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères!", avait lancé la ministre, alors que le Nouvel Observateur révélait qu'elle avait utilisé deux fois, et non pas une seule pour un voyage de 20 minutes, comme elle l'avait dit, l'avion de son ami tunisien, Aziz Miled, présenté comme un proche du beau-frère du président déchu."Elle a eu une parole qui lui a échappé" et d'ailleurs, "elle a redit ce (lundi) matin qu'elle était toujours ministre", a fait valoir Valérie Pécresse. "Elle s'est expliquée sur ce qui s'est passé, elle a dit qu'elle regrettait, pour moi la polémique est close", a dit la ministre de l'Enseignement supérieur.A Varsovie où, accompagné de Mme Alliot-Marie, il participait au sommet France-Allemagne-Pologne, le président Sarkozy ne lui a pas apporté publiquement son soutien, renvoyant à une intervention plus tard dans la semaine. Le chef de l'Etat doit participer jeudi soir à "Paroles de Français" sur TF1. Sur Europe 1 et dans Le Parisien, Mme Alliot-Marie a promis qu'on ne l'y reprendrait plus: "pas question" de remonter dans un avion privé tant qu'elle sera ministre.Quant à M. Miled, "une relation désintéressée et amicale", et une "victime" du clan Ben Ali, elle a affirmé qu'il ne lui avait "jamais rien demandé".Mais lundi, les appels à sa démission venus de la gauche ne se sont pas taris."La seule solution, a lancé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, c'est qu'elle parte!". "Je ne comprends même pas comment elle est encore là", a lâché Pierre Moscovici (PS), parlant d'"une affaire qui devient une affaire d'Etat".Jugeant "lamentables" les arguments de la ministre, le chef des députés socialistes Jean-Marc Ayrault en avait appelé dimanche au président Nicolas Sarkozy pour qu'il la limoge. "La République n'est pas irréprochable. Si des décisions ne sont pas prises, nous sommes dans la République irresponsable", avait prévenu l'ancien numéro un du PS, François Hollande.Ségolène Royal, comme d'autres responsables socialistes, s'est émue du "coup porté à la crédibilité de la diplomatie française"."L'image de la France à l'étranger est très affectée, totalement décrédibilisée par ces péripéties à répétition, par ces connivences entre le pouvoir de l'argent et le pouvoir politique", a jugé la candidate aux primaires PS pour la présidentielle, fustigeant "les mensonges" de MAM.A l'UMP, on était peu disert sur les difficultés de Mme Alliot-Marie, reconnaissant des maladresses dans sa manière de se défendre. Les soutiens ont d'ailleurs été mesurés. Mais des responsables de l'UMP n'envisageaient absolument pas qu'elle démissionne car "elle a le cuir épais", selon sa propre expression.Interrogé par l'AFP, l'entourage de François Fillon a réaffirmé lundi la confiance du Premier ministre en Mme Alliot-Marie.

 

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