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Témoignage « Les policiers nous ont dit de ne pas bouger »

0 16.11.2015 16:56
Photo AFP

Photo AFP

Pierre (1) est originaire de Sablé-sur-Sarthe où son père est commerçant. Le jeune homme, âgé de 22 ans, travaille dans la restauration dans le XXe arrondissement de Paris.

Dimanche 8 novembre dernier, il venait tout juste d'emménager dans un autre arrondissement de la capitale, boulevard Richard-Lenoir, le XIe, en face au Bataclan, sans se douter que quelques jours après son installation, ce quartier convivial et nocturne conserverait à jamais les stigmates d'une nuit d'horreur qui aura bien du mal, explique-t-il, à s'effacer de sa mémoire.

« Il était 21 h 30 je crois, j'étais seul dans l'appartement en train de lire et j'ai perçu des bruits sourds et des cris, puis ce qu'on pouvait identifier comme des rafales d'armes lourdes. Les fenêtres de mon appartement donnent sur la cour intérieure de l'immeuble et je n'avais donc pas le Bataclan en visuel, mais face à moi, les voisins en vis-à-vis, également aux fenêtres et au téléphone pour certains, tentaient comme moi d'imaginer ce qui pouvait bien se passer.

On entendait tout sans voir, mais j'ai rapidement compris grâce aux premiers messages d'infos sur Internet, que les fusillades concernaient le quartier et qu'il s'agissait de terroristes. »

Au téléphone avec ses proches, notamment sa sœur qui entend les coups de feu derrière ses paroles, Pierre comprend et sait qu'il ne faut pas sortir : « J'ai eu peur un moment que les assaillants entrent dans les immeubles. Et puis, j'ai vu des hommes armés sur les toits. J'ai alors appelé la police. Ils m'ont rassuré, me certifiant que c'étaient les brigades d'interventions ».

Pierre respecte les consignes : « les policiers nous ont dit de ne pas bouger de chez nous, à l'abri. J'ai attendu plus de deux heures, puis je suis descendu dans la rue. Mais, sans chercher vraiment à voir ce qui s'était passé, je suis remonté chez moi très vite ».

"J'attends qu'on nous explique" 

Pierre reprendra le travail le lendemain matin, choqué, avec, résume-t-il : « Dans la tête, le bruit des détonations, sans doute associé, chaque fois, à une nouvelle victime ». Et le jeune Sabolien de s'indigner, comme beaucoup d'autres de sa génération : « Il y a plein de questions sans réponses. Il serait temps de se rendre compte des choses. J'attends qu'on nous explique ! ».

Patrick HOFT

(1) prénom d'emprunt

 

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