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Témoignage Anna : "Quand mon fils m’a avoué son homosexualité, j’ai mal réagi"

8 02.04.2013 20:02
Anna est heureuse de savoir que son fils pourra épouser celui qu’il aime et pourtant « quand mon fils a fait son coming out, j’ai ressenti beaucoup de colère ».

Anna est heureuse de savoir que son fils pourra épouser celui qu’il aime et pourtant « quand mon fils a fait son coming out, j’ai ressenti beaucoup de colère ».

Photo "Le Maine Libre", Denis Lamberty

Maman de trois enfants, Anna a mal vécu le coming out de son fils. Après dix ans et un long travail pour accepter, elle veut aujourd’hui aider les autres parents en leur permettant de parler.

Quand son fils de 18 ans lui a annoncé son homosexualité il y a une dizaine d’années, Anna l’a vécu « avec beaucoup de colère ».

« Le regard des autres a été dur »

« Je me suis toujours douté que mon fils était homosexuel », reconnaît pourtant l’énergique Mancelle de 52 ans, maman de trois grands enfants. « Et pourtant, j’ai très mal réagi. On n’en parlait pas aussi facilement qu’aujourd’hui au sein de la famille, des amis, des voisins. J’avais peur des réactions, du regard extérieur. Je n’ai pas accepté que l’un de mes enfants soit homosexuel. »

Il a fallu également « faire le deuil de ce que j’imaginais pour mon enfant : le mariage, les petits-enfants. Ça n’a pas été facile. Le regard des autres a été dur. C’était vraiment perturbant. »

Outre les regards extérieurs et le qu’en-dira-t-on, Anna a peur. « J’avais peur pour mon enfant. Comment va-t-il pouvoir assumer son homosexualité ? Quand il va être rejeté, maltraité par les autres, comment pourra-t-il être heureux en étant homosexuel ? »

Face à sa propre réaction qu’elle juge aujourd’hui « très excessive », Anna éprouve alors le besoin d’en parler, de se confier. « Mais je n’avais personne vers qui me tourner pour pouvoir me libérer, pour pouvoir comprendre. Je me suis sentie dans une incapacité à gérer ce que je considérais comme un problème. Ça crée vraiment un grand malaise quand on est parent. Déjà au sein du couple, parce que ce n’est pas évident à gérer. On a envie de rejeter la faute sur l’autre. Il faut un coupable. On veut essayer d’arranger la chose, de trouver une solution alors qu’il n’y en a pas. »

La maman décide d’entamer une thérapie pour essayer d’apaiser le tourbillon de sentiments qu’elle éprouve alors. « Ça m’a aidé parce que la parole libère. J’aurais aimé pouvoir en parler à des gens qui rencontraient les mêmes difficultés que moi, les mêmes interrogations. Ça n’existait pas. »

Lutter contre l’homophobie

Par ses remises en question, Anna finit par « comprendre qu’il avait fallu beaucoup de courage à mon fils pour faire son coming out au risque de perdre un peu de l’amour de ses parents. Je le remercierai toujours pour ça, parce que ça m’a permis de comprendre que je n’étais pas si tolérante que ça. J’ai travaillé sur tout type d’intolérance et ça m’a énormément apporté. »

Aujourd’hui très fière de son fils, Anna n’a plus peur de parler de l’homosexualité. « Et le fait que j’ai justement cette assurance change le regard des autres. Il y a un dialogue qui s’instaure et je trouve ça super. »

Tout comme le mariage et l’adoption pour tous. « En tant que parents, c’est un grand bonheur de me dire que mon fils pourra choisir d’épouser celui qu’il aime s’il en a envie. Qu’il a les mêmes droits que les hétérosexuels. Sans être militante, je suis pour l’égalité pour tous et je veux que mon expérience et mon histoire puissent servir. Je veux lutter contre l’homophobie, qui n’est rien d’autre qu’un manque de sécurité. »

Mathilde BELAUD

Fortes de leurs expériences personnelles, Anna et une autre maman sarthoise, Annie, ont décidé de créer un groupe de parole pour les proches de personnes homosexuelles.

Quand ?
Le premier groupe de paroles aura lieu le jeudi 18 avril, de 19 heures à 20 heures. Le rythme devrait être ensuite d’un par mois.

Où ?
Anna et Annie attendent les personnes intéressées par « ce moment de dialogue convivial » au local de l’association lesbien, gay, bi, trans Homogène au 26, avenue de Gaulle au Mans.

Contacts
09-51-44-66-00
homogene.net/accueil.html
www.facebook.com/LGBT72.le.Mans

 



Commentaires (8)

vous entendez-vous parler ?
dimeckghione.alex ven, 05/04/2013 - 02:21

Vous rendez-vous compte que ce groupe de parole est une chance, un acte désintéressé, un don de temps pour un mieux être ?
Vous rendez-vous compte que vous préférez parler de l'adoption, du mariage et du reste plutôt que de louer cette action ?
Voilà - c'est officielle : bravo ! Vous avez perdu ce que vous restait de bonne foi.

Quant à vos contre-vérités, je vais essayer de vous éclaire un peu : la vie n'est pas calme pour qui veut grandir. Ma la vie est plus douce pour qui est élevé par des parents aimants.
L'homosexualité n'est pas une maladie, n'est pas une tare et ne préside à aucune dysfonction sociale. Au nom de quoi, ainsi, pouvez-vous jugez qu'un enfant ne sera pas convenablement élevé par un couple gay ou hétéro ? Au nom de la mauvaise foi qui vous pousse à ne pas voir les évidences : les couples homoparentaux ça existent déjà, et ça se passe très bien.
Pour ce qui est de la marchandisation des corps, vous vous occuperez de la GPA lorsqu'il en sera question. Vous gaspillez vos forces et vous gâchez la fête.

Bravo à cette mère - j'espère que d'autres parents suivront cet exemple de volonté d'ouverture et de tolérance vis à vis des siens.

A LGF
Moïsette mer, 03/04/2013 - 13:46

Je ne pensais même pas aux ministres. Je suis retraitée et encore nos retraites rognées, les entreprises taxées, les gens qui ne peuvent plus se soigner car, faute de moyens, ils laissent leur complémentaire etc... J'ai quand même cette "chance", je peux toujours la payer malgré l'augmentation.

A LGF
Pandore mer, 03/04/2013 - 11:56

Je suis d'accord avec vous,
il y a de l'homophobie : à l'école, dans certains quartiers.

Je connais une personne proche, qui a attendu l'âge de 45 ans, pour présenter son compagnon à ses parents.

Cependant, le fait de discuter, et contester certaines propositions de loi, avec un ami homosexuel, ne fait pas de moi un homophobe.
Enfin, pas dans la définition du Larousse !

Ce que je conteste c'est le terme " mariage" je préfére "union".

C'est également la marchandisation des enfants.

Une université de Paris, sur son formulaire d'inscription vient de remplacer " Père" et "Mère" par "parent 1" et "Parent 2 "

En Belgique, une école vient de supprimer la fête des mères : 2 enfants n'ayant pas de mère !

je crois que certains n'ont pas encore compris la porté de ces propositions de loi.

C'est le début d'une révolution, plus exactement l'implosion de la sociétè. Certains en sont conscients, c'est leur fond de commerce.

rolalalalalalala
lgflgf mer, 03/04/2013 - 10:32

@ moïsette
s'occuper d'un côté de quelque chose ne dispense pas de s'occuper d'autre chose... vous avez deux mains non ? ben eux, ils ont plein de ministres !

@ pandore
Le taux de suicide chez les jeunes homo et les tonnes d'antidépresseurs et les séances inutiles payéschez les psys par la sécu pour les parents, ça coûte aussi... un groupe de paroles où les gens peuvent parler entre eux, ça coûte presque que dalle... à moins de rémunérer les bénévoles au tarif des psys... remarquez, à ce tarif, je fais bénévole aussi !

@ moïsette
lgflgf mer, 03/04/2013 - 10:36

En réponse à Moïsette - *

Ok ! Donc elle ne fait rien, pas de groupe de parole, le ML n'en parle pas et hop demain les autres problèmes sont résolus !
Ah en fait non... ça marche pas comme ça !

Traduction
Pandore mer, 03/04/2013 - 08:41

A l'auteur de l'article merci de traduire " coming out "

Belle promotion, d'une assos de plus, largement payé par nos impôts, c'est déjà la première chose qui me chagrine.

Ensuite la loi n'est pas encore passée.....

Je suis pour une union homosexuelle, mais contre la marchandisation d'un enfant.

On réserve sur internet : une mère porteuse à l'étranger, son billet d'avion et on règle le tout avec sa carte gold.

Le relévé bancaire faisant foi que le gosse appartient bien au couple homosexuel !

C'est cela la réalité crue .

 

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